Archive for avril 2010

L’agonie du siècle américain, par Henry Allen

Posted on 23 avril 2010. Filed under: politique |

21 avril 2010, le rêve américain se meurt, et avec lui le siècle de magistère sur le monde que l’Amérique s’était promise à elle-même, au nom d’une destinée manifeste qui n’est plus qu’une illusion dont il convient de se défaire, écrit Henry Allen, qui collabore au Washington Post depuis 39 ans et a obtenu en 2000 un prix Pulitzer pour son œuvre critique.
par Henry Allen, Washington Post, 20 avril 2010

Le rêve se meurt.

Voici ce qu’il était : une croyance que le monde avait un amour particulier pour les Américains, pour notre ardente innocence, notre spontanéité un peu gauche, pour notre volonté de partager l’évidente et véritable lumière de la démocratie avec ceux qui se battent encore dans les ténèbres de l’histoire, pour notre énergie imprévisible, notre musique syncopée et nos sourires de joueurs de baseball. Ajoutez à cela la majesté de montagnes violettes et les frissons parcourant des blés couleur d’ambre, et vous voyez de quoi il s’agit [1].

Il est difficile de dire à quel moment précisément est né ce rêve. Est-ce avec le tour du monde de la Grande Escadre Blanche [2] de Teddy Roosevelt ? Avec la guerre menée par Woodrow Wilson afin de rendre le monde plus sûr pour la démocratie ? En 1940, Henry Luce, qui disait aux Américains chaque semaine dans « Time and Life » qui ils étaient, a proclamé « le siècle américain. » La Seconde Guerre mondiale l’a réalisé.

Ce rêve est devenu le mien avec les bobines d’actualités et les pages du magazine Life, après la Seconde Guerre mondiale, lorsque j’ai vu les images des Français et des Italiens jetant des fleurs à nos troupes qui les libéraient des nazis, de GI rentant à la maison avec leurs fiancées européennes, d’enfants allemands au milieu de décombres, regardant le ciel et encourageant les avions américains qui leur apportaient de la nourriture durant le pont aérien de Berlin.

Né en 1941, j’étais encore très jeune, mais assez grand pour considérer que ces vérités allaient de soi : Nous n’avions pas conquis ; nous avions libéré. Nous étions toujours les bons, placés du bon côté Malgré les récriminations à propos des Yankees incultes et grossiers, tout le monde, en secret, voulait vivre comme les Américains. Lorsque ces gens nous jetaient des fleurs, c’étaient nos amis, et non pas des collaborateurs, comme ces femmes françaises dont les villageois ont rasé la tête lorsque leurs petits amis allemands sont partis avant l’arrivée des Américains. Ces femmes sont restées sur place, bien sûr – personne ne voulait être une épouse de guerre de nazis dans l’Allemagne de l’après-guerre.

Ils ont perdu, nous avons gagné. Rien ne permet de se faire autant d’amis qu’une victoire totale, du genre de celles que nous n’espérons même plus. C’est ainsi qu’au Japon, frappé deux fois par la bombe, les jeunes gens ont adopté le baseball

L’Amérique allait diriger le monde, non pas à son profit, mais – pour la première fois dans l’histoire – pour le bien de la planète.

Rêve merveilleux ! Il a subi quelques déconvenues, mais a survécu à notre échec en Corée, notre défaite totale au Vietnam, à notre retrait du Liban, à la catastrophe Somalienne du « Blackhawk Down ».

Il nous a survécu, alors que nous nous ridiculisions, quand notre sauvetage des otages en Iran a sombré dans le chaos la poussière du désert, sans un coup de feu de l’ennemi. Nous ne pûmes même pas ramener tous nos morts pour les enterrer.

Nous avons bombardé un hôpital psychiatrique à la Grenade, pendant que nous libérions le monde de quelque vague menace communiste. Nous avons bombardé une usine produisant de l’ibuprofène en Afrique, en représailles à une attaque contre notre ambassade à Nairobi. Nous avons bombardé l’ambassade de Chine durant notre guerre aérienne pour libérer le Kosovo. Le rêve a même survécu à George W. Bush, qui a déclenché une guerre pour débarrasser l’Irak des armes de destruction massive.

Il n’y avait pas d’armes, mais nous avons continué le combat pour sécuriser la démocratie en Irak et avons fini par des séances de torture de masse à Abou Ghraib, qui ont donné ces photos souvenirs si colorées de nos GI Joes et Janes. Les enfants irakiens jouent-ils déjà au baseball ?

Barack Obama a remporté l’élection présidentielle grâce à une campagne électorale promettant une meilleure guerre, encore plus grande, dans l’Afghanistan voisin. Comme toujours, obéissant au mandat du rêve américain, nous envahissons un pays sans aucune autre raison que son propre bien. C’est ce que les gens ne semblent pas comprendre.

Comme dans la vallée de Korengal, en Afghanistan, que les soldats américains ont abandonné mercredi dernier, cinq ans après l’avoir envahi pour y apporter la vérité, la justice et le modèle américain à des Afghans qui en retour nous ont haï.

Nous leur avons donné de l’argent, toutes sortes de friandises. Mais ils nous haïssaient.

Nous les avons suppliés de nous laisser construire une route qui les relierait au monde extérieur. Ils ont haï la route. Et puisque nous ne l’avions pas compris, ils ont fait exploser six ouvriers du chantier de construction de cette route.

Ils nous haïssaient à un point tel que nous avons du les acheter – 23 000 litres de carburant et une grue – pour nous laisser partir, sans qu’ils nous tuent pour le plaisir.

Nous étions des étrangers. En fait, beaucoup de gens détestent les étrangers. (C’est pourquoi on les appelle les « étrangers ».)

Les gens n’aiment les étrangers que lorsqu’ils viennent en petit nombre pour dépenser de l’argent puis repartir ; ou lorsqu’ils viennent en armées, pour chasser d’autres étrangers encore plus détestés, puis repartent. J’ai pris un jour le thé avec la femme d’un chef de village indonésien. Elle se rappelait comment les Japonais avaient été acclamés pour les avoir libérés des néerlandais, jusqu’à ce qu’ils déportent les hommes dans des camps de travail. Ensuite, les iliens ont applaudi les Américains qui avaient chassé les Japonais.

Nous ne faisons pas l’objet d’un amour particulier. Nous avons nos propres vertus, et nous nous sommes rapprochés plus que toute autre nation de la réalisation de ce commandement de Jésus enjoignant d’aimer nos ennemis. Mais nous nous éveillons de ce rêve.

Et pourtant, nous nous accrochons à lui. John Kennedy avait promis que nous accepterions de payer n’importe quel prix, supporterions n’importe quel fardeau, pour parvenir à le réaliser. Et Ronald Reagan nous a comparés à « une ville sur une colline », vers laquelle les regards du monde se tournaient. Obama électrise ses auditoires lorsque se déploie sa rhétorique messianique de sauveur du monde.

Désormais, tout se passe comme si, sans ce rêve, nous ne serions pas l’Amérique, et qu’un candidat à la présidence ne peut l’emporter sans y croire.

Pourtant, le capitaine Mark Moretti, le commandant de nos forces à Korengal, s’est exprimé ainsi : « Je pense que partir est la bonne chose à faire. »

Le rêve se meurt. Ne le réanimez pas, s’il vous plaît.
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Publication originale Washington Post, traduction Contre Info (http://socio13.wordpress.com/2010/04/22/l%E2%80%99agonie-du-siecle-americain-par-henry-allen/)

[1] Référence aux paroles de l’hymne patriotique America the Beautiful – ndlr

[2] Surnom donné à l’escadre de l’US Navy qui a accompli un tour du monde de 1907 à 1909 – ndlr



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The Oil Drum (Australia-NZ): Easter Island : A Case Study in the Response to Resource Depletion

Posted on 9 avril 2010. Filed under: divers | Étiquettes : , , |

This is a case study in which you are invited to answer the question, “What did the Easter Islander who cut down the last palm tree say while he was doing it?

For a several years, I have been intrigued by this question which Jared Diamond asks us to consider in his book ‘Collapse’.

In fact, the question can be asked more broadly: “What were the thought processes and discussions amongst the inhabitants of Easter Island leading up to the removal of the last remnants of forest?” This could be seen, perhaps, as a hypothetical exploration, rooted in a real historical event, of “the psychology of resource depletion denial.”

I can’t help feeling that this is highly relevant to us today where the world seems shrunk to the size of a small island in the vast ocean of space. How could the islanders so knowingly have destroyed the life-blood of their island and their own future? How do you imagine the Easter Islanders behaved in those last few years before the last tree was felled?

For some of the rationalisations, we probably don’t need to look any further than our local talkback radio, the proceedings of the Copenhagen convention or the comments section on any mainstream media opinion piece about Peak Oil or Climate Change, but there would certainly have been powerful idiosyncratic religious beliefs at play too.

Setting the Scene:

Easter Island is a small triangular island of 66 sq miles in the sub-tropical South East Pacific Ocean over 1000 miles from anywhere and consisting of 3 linked extinct volcanoes.

It was first settled by Polynesians who migrated there from the nearest Pacific Islands to the west, sometime between 400 AD and 900 AD.

When they arrived bringing their traditional Polynesian vegetables the island was covered in a variety of large and smaller species of trees and in particular a very large species of palm tree with edible nuts and a wide girth, seals and many species of sea birds which nested there free from predators (incidentally rats which played an important role in the deforestation by eating seeds and nuts).

There were no permanent creeks and the soil and climate were relatively unfavourable compared with many other Pacific Islands for a number of reasons, but at first it must have seemed wonderfully bountiful.

The population grew and 12 tribes became established, with the island divided up like a pizza in the traditional Polynesian way. Most significantly, there was no one supreme chief–instead each tribe vied for status with one other. For the most part, this was probably fairly harmonious with considerable cooperation between the tribes probably mediated by a counsel of the chiefs of the 12 tribes such as we see elsewhere but with intermittent power and territorial struggles (this absence of a single controlling chief may have played a big part in the disasters which followed).

The settlers brought with them their traditional Polynesian religious beliefs regarding deification of ancestors transmogrified into gods of fertility and bounty personified in the shape of stone statues–carved, transported and placed on impressive stone platforms near the beach around the coast in each tribe’s territory. Elsewhere in Polynesia though, the statues tend to be small. Presumably, as the statues represented the power of the chiefs and their link to the supernatural and hence the future prosperity of the tribe, there developed intense competition between the tribes to see who could have the most statues and the largest statues and hence the most prestige and glory. The key village of each tribe was located near to the beach and the statues were arranged in a row between the village and the sea. I had always imagined that they faced outwards towards the sea but recently learned that they actually faced inwards towards the village.

Nearly all of the statues came from one quarry of ideal stone near the middle of the island. The statues had to be carved out of the rock using harder stone tools then transported down to the coast and then somehow erected on the platforms. (The large reddish cylindrical hats which can be seen on some statues came from another quarry.)

This transportation was an extraordinary feat and could only be performed using vast numbers of wooden rollers, sledges and levers, not to mention the incredible number of man hours per statue. The capacity of the island to provide a relatively easy living (what we would call the EROEI) so as to free up so many workers for seemingly non-productive activity must have been considerable.

But over the centuries, this non-productive use of the forests, combined with increased need for timber due to population growth, would have gradually resulted in progressive deforestation, loss of habitat for a variety of edible plants, birds and animals, loss of protection from sun and wind, loss of fire wood and erosion of soil.

Natural reseeding would have been inhibited by a plentiful supply of seed-eating rats which had few natural enemies on the island (probably only humans and birds of prey).

The phenomenon of ‘creeping normalcy’ may have prevented anyone from noticing this decline for a few centuries – especially as the early statues were comparatively small and would have consumed the forests at a relatively modest rate.

But as the forests shrunk in area and the annual percentage rate of depletion steadily increased, at some point, someone must have realised that the situation was not sustainable and said as much. The island is not that big and what was happening at one end would have been common knowledge at the other end.

By around the year 1600, the last tree was chopped down and there were no more until they were reintroduced by Europeans many years later.

Some time before the last tree was cut down- perhaps this was done in a moment of spite, desperation, anger or vengeance – the society collapsed into mass starvation, war and cannibalism.

What might have happened in the lead up?

One can imagine between 1400 and 1500, some of the people muttering about the loss of forest and predicting that “..at the current rate it will all be gone in a generation or two.”

How did the chiefs react to this prediction ? Did they have a ‘Forest Change’ summit? Was it on the agenda of one of their regular meetings and at what percentage of depletion from the original virgin forest did this occur? 50%? 70%? 90%?

Where the first whistleblowers listened to or ridiculed or punished? Perhaps at first they were ridiculed as eccentrics then if they persisted. Perhaps they were seen as a genuine threat to the establishment and eaten as human sacrifice (with the priests getting first pick of the good bits) as was the order of the day. This would have kept the doomsters quiet for a while though many may have continued to secretly harbour fears for the long-term sustainability of the forest.

There would have been powerful forces opposed to the expression of such heretical ideas. The power of the chiefs, the priestly caste and the gods/ancestors was integrated both practically and theologically (as we see in most societies).

There is a kind of unassailable philosophy which says that the hereditary rights and powers of the chiefs are the manifestation on Earth of the Will of the Gods. The ancestors of the chiefs (i.e. dead chiefs) take on god-like powers. The role of the gods is to ensure the ongoing health, fertility and prosperity of the people and the ongoing bountifulness of the land and sea. The priests interpret ‘The Will of the Gods’ which somehow always favours the centralisation of power with the chiefs and the priests.

The statue of the chief becomes one of the key physical manifestations of this power.

This all works very well with the people and the king’s security service remaining loyal and willing to provide tithes of goods and services to the king and his retinue in return for their ongoing guaranteed prosperity.

But this kind of system can easily initiate a competitive positive feedback loop in which each chief attempts to outdo his rival chiefs in creating the biggest and the best statue in his own honour (the gods have confirmed in each case that this is their wish).

Unfortunately the gods can be fickle too and sometimes, in spite of all the standard observances, prayers, ritual, human sacrifices and statue building, the tribes will go through a bad patch in which the fish disappear, the sea birds don’t nest, the rain doesn’t arrive, pests or diseases damage the root crops or other mysterious and inexplicable bad things (like cyclones or tsunami) happen.

When this happens the loyalty of the people and their faith in the system can be sorely tested so that the chief will need to respond to the crisis in some way. One way is to accuse some already unpopular people of witchcraft, blasphemy, giving out bad vibes/negative energy etc to deliberately cause the bad weather events – in other words a scapegoat. These offenders might also coincidentally be the very persons who had been advocating the building of smaller statures in order to avoid cutting down so many trees.

Another response apart from ruthlessly suppressing all dissent is to logically argue that the gods must be displeased because the statues aren’t big enough and a nervous chief, worried about his shrinking powerbase will commission the production of an even bigger statue just to confirm his piety and majesty.

In spite of all this the Establishment themselves must at some point have started to notice the bleeding obvious, namely that the forest was nearly gone and that they would have to discuss how best to avoid losing the remaining bits of forest.

So what happened next? Why didn’t a workable plan emerge and get implemented? If it did what went wrong? Can we blame it all on tribalism and ‘The Tragedy of the Commons’? We know the final outcome, but what was the path to that outcome and are we treading that same path again?

It would have been wonderful to have had a written historical record of the details but in its absence, it what do you imagine happened?

This is a guest post from Ralph Faggotter (also known as fingolfin).

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Sur le site d’Internet-Actu: Les transformations de l’écosystème de l’information dans le monde du travail.

Posted on 6 avril 2010. Filed under: divers |

Toutes les études concordent pour dire que la place de l’écrit dans les activités professionnelles, tertiaires, augmentent depuis une vingtaine d’années, explique Valérie Beaudouin. Que ce soit dans l’activité de management hiérarchique et transversale, où l’écrit devient une ressource fondamentale dans l’évaluation et dans le montage de projets ; que ce soit dans la relation client ; comme dans le travail en débordement ou dans le travail de production de soi (où il faut construire son parcours professionnel). Les pratiques d’écriture et lecture sont devenues principales, comme le montrent les travaux de Frédéric Moatty.

Trois outils sont devenus les principales médiations de ces activités d’écritures au travail : les applications du système d’information qui mettent l’écrit au coeur du dispositif de l’organisation, les documents (textes, tableurs et présentations) et bien sûr, la messagerie électronique, qui est devenue l’activité d’écriture la plus porteuse de surcharges informationnelles. Celle-ci joue d’ailleurs un rôle de hub de la communication en entreprise : quel que soit le type d’écrit qui circule, il en reste des traces sur le mail. Le mail est devenu à la fois le lieu de circulation de tous les écrits et un outil multifonctionnel (voir les travaux de Wanda Orlikowski et Joanne Yates, ou ceux de Jérôme Denis et Houssem Assadi sur les “Usages de l’e-mail en entreprise” qui distinguent les usages du mail selon le nombre d’interlocuteurs et selon les formes de circulation, dans l’ouvrage dirigé par Emmanuel Kessous et Jean-Luc Metzger, Le travail avec les technologies de l’information ).

Pourquoi constate-t-on un tel flux de message dans l’organisation ? Pourquoi y’a-t-il autant de production d’écrit ? Cela est dû, explique Valérie Beaudouin, à l’essor de la logique gestionnaire : “rendre compte de l’activité devient une activité croissante de l’activité elle-même. L’écrit est une preuve opposable qui met en visibilité l’activité. Il faut aussi compter sur la complexification du travail : le travail simple a été délégué aux machines, reste à l’humain le travail complexe avec coopération et coordination (donc production d’écrit). Il faut aussi noter le développement de l’organisation en mode projet dans les entreprises où l’écrit devient le mode de coordination dans le temps et l’espace. Le coût de production de l’écrit a également fortement diminué tant dans la communication que la publication : la rareté se situe du côté de la demande et non plus de l’offre. Enfin, nous sommes dans un contexte de transformation permanente des organisations : les collectifs de travail sont en permanence en train de s’entretenir, de se reconstituer… Et pour cela, ils ont besoin également d’une production écrite.

La place croissante de l’écrit a de nombreuses incidences. Bien sûr, elle explique en partie la surcharge informationnelle et communicationnelle : les flux d’information s’ajoutent aux flots de sollicitations… Les flux d’information ont énormément cru, alors que les moyens de les traiter, les médiations, ne sont pas à la hauteur de ces volumes. L’autre incidence, repose sur la fragmentation de l’activité professionnelle par les interruptions, les sollicitations (rôle du mail notamment) et par les interdépendances dans les collectifs (on dépend de plus en plus des autres, et il nous faut coopérer plutôt que de travailler seul…). Face à cette surcharge d’information, le processus de choix devient une activité à part entière : que lire, comment lire, que retenir, à qui répondre, par quel canal… ?

Si on constate une forte croissance de l’écrit, il faut aussi souligner qu’elle est fortement articulée à l’oral. La réunion (qui est à la fois le lieu de coordination orale, le lieu de travail autour de l’écrit, de plus en plus soutenu par des supports écrits) est de plus en plus importante dans les agendas professionnels. Et c’est là que s’exprime toute la tension entre l’écrit et l’oral.

Les présentations : l’outil de collaboration et du partage de savoir en entreprise

addicted-powerpointLa messagerie électronique et les présentations PowerPoint ont remplacé les autres formes de production d’écrits dans les organisations. Les présentations sont omniprésentent, elles circulent sur les réseaux, se copient, se remixent, se démultiplient… Très utilisées, elles contribuent à la surcharge informationnelle. Mais si elles sont très utilisées, elles sont aussi très critiquées. “Quelle est leur efficacité pour collaborer ? Pour partager les savoirs ?”

La présentation est née avec le XXe siècle rappelle Valérie Baudouin. Les présentations orales sont passées d’une situation ou le contenu était intériorisé dans le cerveau de l’orateur à une présentation avec un support externe et partagé avec le public. Puis, le support de présentation est devenu de plus en plus autonome par rapport au présentateur et à la présentation. Il a tendance à devenir un support de communication à part entière : la présentation est devenue un document plus qu’un complément.

Désormais, elles ont une double fonction : elles servent à la fois de support à la présentation orale, mais elles sont aussi autonomes, porteuses de signification par elles-mêmes… Cette double fonction créée une tension très forte entre la surcharge informationnelle dont elles sont en partie les vecteurs et la perte de sens qui les constitue (car dans ces présentations, bien souvent, il manque la logique d’ensemble et les nuances… qui est délivrée de manière orale). Ces supports sont très critiqués en situation de lecture (car ils sont séquentiels, sans articulations, et portent souvent des contenus pauvres) : la construction du sens est reportée sur le lecteur. En présentation orale, il y a des difficultés réelles d’alignement (entre ce qu’il a dire qui est continu alors que le défilé du texte se fait par bloc, d’une manière discontinue). Sans compter que pour l’auditoire, il est nécessaire d’ajuster ce qu’on entend et ce qu’on lit… Autant de difficultés qui impliquent une charge plus lourde pour le récepteur et des risques de mécompréhension.

Death By PowerPoint, un grand classique pour améliorer ses présentations PowerPoint.

Malgré ce niveau important de critique, force est de reconnaître que les présentations PowerPoint sont bien adaptées à l’écologie informationnelle et au fonctionnement de la production en entreprise. L’accélération des rythmes de travail fait qu’il est moins couteux de produire une présentation qu’un rapport écrit. Il est aussi plus simple de construire une présentation à plusieurs (puisque l’articulation y est absente), qu’un rapport. “En terme de productivité, le PowerPoint a simplifié le travail” : le jeu de présentations est devenu le seul livrable, facile à réutiliser, à mettre à jour. Lors d’une présentation orale, le transparent est un artefact adapté pour capter l’attention du public, pour permettre au public de se remettre dans le flux du discours…

Il constitue un écrit très imparfait bien sûr, qui demande des compétences complexes pour le maîtriser (mais il en faut aussi pour accomplir un rapport). Néanmoins, il réduit la charge de travail en production. C’est un format certainement transitoire, estime la chercheuse : il est adapté à notre époque, à l’écologie de l’économie numérique actuelle. Il a déjà tendance à se transformer : on commence à voir de plus en plus de conférenciers projeter un film, des présentations plus multimédias, qui ne nécessitent plus leur intervention, hormis pour répondre aux questions suite à la présentation…

Comment l’organisation influe-t-elle sur la production d’écrits ?

Valérie Baudouin souhaite travailler à un projet d’exploration de contenus de mails et d’agenda… Son idée, regarder l’incidence des réorganisations d’entreprises et des évolutions de carrière sur la production écrite et les réseaux de relation. Les travaux sur les réseaux sociaux ont montré que dans la carrière professionnelle, les liens faibles jouent un rôle fondamental dans l’évolution sociale et professionnelle. Est-ce que dans les environnements qui changent rapidement, comme l’entreprise, les possibilités de nouer des liens faibles persistent ? Comment la progression dans la hiérarchie joue-t-elle sur la pratique de l’écrit ?

Valérie Baudouin a ainsi mesuré le nombre de mail qu’elle a envoyé et reçu pendant 10 ans alors qu’elle travaillait dans une grande entreprise française, pour montrer la croissance régulière du nombre de messages dans le temps, à mesure que les pratiques se diffusaient, ainsi que le doublement des échanges à chaque étape d’un changement hiérarchique dans sa carrière. Bien sûr, cette première exploration est encore lacunaire. Il faudrait pouvoir étudier plusieurs individus (qui disposent d’archives personnelles), mettre en place des indicateurs et des traitements pour ces masses de données…

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Le meilleur du jour, tout le monde en parle: l’iPad, c’est sur Techtrend!

Posted on 4 avril 2010. Filed under: divers |

iPad : révolution ou gadget à la mode ?

Publié le 4 avril 2010 par christophe lefevre

Techno

myipadOn n’entend plus parler que de ça sur la sphère et même en dehors, sur n’importe quel quotidien, l’iPad est devenu un des gros sujets high-tech à la mode .

L’iPad, ce n’est qu’un gros iPod Touch, non? Alors comment pourrait-il révolutionner l’informatique ? C’est la question que se sont posés de nombreux spécialistes qui comme moi, ont du mal à comprendre l’engouement des internautes. Il faut dire qu’Apple ne se trompe rarement et ces dernières années, il a même plutôt fait mouche.

L’iPhone fut un vrai succès, certains spécialistes prévoient un succès supérieur pour l’iPad. Imaginez donc que toutes les personnes que vous voyez se promener iPhone à la main, avoir à la place, un iPad sous le bras. Bizarre, non ? Et pourquoi pas ?

Un produit qui massacre la concurrence.

L’iPad n’est pas un produit si nouveau, il a déjà 2 produits concurrents réels. Je ne parle pas des nombreuses tablettes qui sont sorties sous Windows XP Tablet PC Edition, celles-là n’ont vraiment pas eu beaucoup de succès, et pour cause, remplacer la souris par le doigt, ce n’est pas comme ça qu’il faut imaginer le tactile, et Apple l’a d’ailleurs bien compris.

Non, je parle du Kindle et des NetBook : Le Kindle est un produit qui a déjà un certain succès, notamment, grâce à la presse qui a mis le paquet pour mettre en avant le produit.

En effet, le Kindle fut l’une des meilleures solutions pour celle-ci de pouvoir monnayer ses versions numérisées.

Mais malgré son autonomie et sa capacité à rendre confortable la lecture de livre sur écran, pour un prix presque similaire, l’iPad offre un écran couleur, la lecture de films, des jeux et applications multimédias, internet, soit il ne se limite pas à la simple lecture de bouquin. La presse essaye donc de promouvoir ce nouveau support qui devrait faire mieux que le Kindle en matière de monétisation du contenu numérique.

ipadvskindle

Il suffit de pensez au succès d’iTunes et de l’appstore pour se rendre compte qu’Apple a le chic pour vendre ce que les internautes avaient l’habitude de consommer gratuitement.

Le deuxième concurrent direct de l’iPad est le NetBook. Le principe du netbook, c’est de proposer un produit bon marché et léger pour effectuer les taches les plus courantes sur un PC portable. Un travail que l’iPad effectue encore mieux.

Son système est rapide et ergonomique, il offre une nouvelle expérience de surf, mais également pour la lecture d’email, de jeux mobiles, pour un poids réduit.

Si vous voyagez beaucoup en train, ou en avion, sachez que l’iPad est également l’un des meilleurs lecteurs de vidéos portatifs avec une autonomie tout à fait acceptable.

Un produit utile pour les entreprises

Si l’iPad a de grandes facultés ludiques, il peut également être utile comme PDA pour suivre son agenda, ses notes, ses mails.

Il permettra également d’emporter avec soi ses graphiques et document en tout genre. Pour toutes les applications bureautiques, celui-ci dispose de la suite bureautique iWork.

iworks

De part son autonomie de 10heures, il sera un excellent compagnon pour les longs séminaires.

Mais dans le cas d’une utilisation professionnelle, il est préférable d’investir dans un iPad WiFi + 3G vendu à partir de 679 euros

L’iPad n’est pas fait pour les geeks.

Si vous êtes technophiles, vous trouverez certainement l’iPad un peu limité : Il n’est pas très pratique pour les personnes qui surfent toutes la journée puisqu’il n’affiche pas le flash.

En fait, l’iPad n’est pas vraiment un ordinateur. Vous ne ferez pas de montages vidéos, ni du développement dessus, pas de Photoshop, ou à la limite une version ultra simplifiée.

Mais tout ce qu’un utilisateur lambda fait, il le fait très bien et très simplement. Parfois mieux qu’un Macbook. L’iPad conviendra très bien aux plus jeunes qui utilisent surtout l’ordi pour la musique, les films, MSN, les réseaux sociaux, également aux personnes plus âgées qui ne sont pas à l’aise avec l’informatique.

Fondamentalement multi-usage

monopolyAvec l’iPad, une nouvelle aire de créativité s’ouvre. La concurrence va rapidement suivre grâce à Android et avec l’HTML5 apparaitront une série d’applications compatibles à la fois avec l’iPad, les tablettes sous Android et Chrome OS.

Contrairement à un iPhone, l’iPad est assez grand pour être utilisé simultanément par plusieurs personnes. Ca semble bizarre, et pourtant, il trouvera son utilité pour des utilisations qui semblent inconcevables jusqu’à présent. Ainsi, une série d’applications de jeux de sociétés vont très certainement apparaitre : Echec, Puissance 4,  Monopoly. Il suffira de placer l’iPad au centre de la table pour jouer en famille.

Il sera également utile pour remplacer les documents pour tout ce qui est services de livraison, où vous pourrez signez avec le stylet sur la tablette.

Il faut l’essayer pour le comprendre

Il est normal que vous ayez du mal à trouver l’intérêt de l’appareil tant que vous ne l’avez pas essayez. C’est un peu comme les personnes qui pensent que l’iPhone est juste un téléphone avec un écran tactile, c’est bien plus que ça, mais pour s’en rendre compte, il faut en avoir un.

Les premiers journalistes qui ont eu la chance de le tester sont unanimes, l’iPad est vraiment quelque chose de nouveau et révolutionnaire :

  • Wall Street Journal : « L’iPad est un nouveau type d’ordinateur, vous devez le toucher et l’utiliser pour l’appréhender complètement ….  Après avoir passé des heures et des heures avec l’iPad, je crois que ce nouveau très bel appareil d’Apple a le potentiel pour changer profondément l’informatique portable, et contester la primauté de l’ordinateur portable »
  • PC Mag :  « Il a tout simplement du sens … L’écran répond instantanément, et offre une expérience multitouch impeccable »
  • New York Times : « L’iPad a été conçu et fabriqué par des perfectionnistes. Si vous aimez le concept vous adorerez la machine »
  • USA Today : « Le premier iPad est une réussite …  l’iPad pourrait revigorer l’intérêt du grand public pour les tablettes d’une manière qui ferait rêver Bill Gates …Apple est en train de redéfinir les règles de l’informatique grand public… Cette tablette est amusante, simple, étonnante à regarder et incroyablement rapide…cette machine est l’antithèse des netbook bon marché, et peu performants dont Steve Jobs s’est aisément moqué. »

L’iPad va remplacer l’ordinateur pour toute une série d’utilisation, et oui, nous risquons d’en voir vraiment partout, mais malgré tout, il est vrai que l’iPad souffre par contre de quelques manquements tel que la webcam, mais nous savons qu’Apple décide volontairement d’oublier certaines fonctions pour pouvoir sortir des versions améliorée par la suite. C’était le cas de l’iPhone qui est sorti à la base sans la 3G et sans la vidéo.

Si vous êtes à la fois intéressés et hésitant concernant cette petite merveille, attendez plutôt la 2ème génération qui aura certainement balayé bon nombre de manquement de celle-ci.

Dans tous les cas,  même si aujourd’hui, ça vous semble ridicule, il y a de fortes chances pour que l’iPad vous attire très bientôt.

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Best of the day: from Boingboing of course!

Posted on 2 avril 2010. Filed under: divers | Étiquettes : |

Why I won’t buy an iPad (and think you shouldn’t, either)

Cory Doctorow at 5:23 AM April 2, 2010

I’ve spent ten years now on Boing Boing, finding cool things that people have done and made and writing about them. Most of the really exciting stuff hasn’t come from big corporations with enormous budgets, it’s come from experimentalist amateurs. These people were able to make stuff and put it in the public’s eye and even sell it without having to submit to the whims of a single company that had declared itself gatekeeper for your phone and other personal technology.

Danny O’Brien does a very good job of explaining why I’m completely uninterested in buying an iPad — it really feels like the second coming of the CD-ROM « revolution » in which « content » people proclaimed that they were going to remake media by producing expensive (to make and to buy) products. I was a CD-ROM programmer at the start of my tech career, and I felt that excitement, too, and lived through it to see how wrong I was, how open platforms and experimental amateurs would eventually beat out the spendy, slick pros.

I remember the early days of the web — and the last days of CD ROM — when there was this mainstream consensus that the web and PCs were too durned geeky and difficult and unpredictable for « my mom » (it’s amazing how many tech people have an incredibly low opinion of their mothers). If I had a share of AOL for every time someone told me that the web would die because AOL was so easy and the web was full of garbage, I’d have a lot of AOL shares.

And they wouldn’t be worth much.

Incumbents made bad revolutionaries
Relying on incumbents to produce your revolutions is not a good strategy. They’re apt to take all the stuff that makes their products great and try to use technology to charge you extra for it, or prohibit it altogether.

I mean, look at that Marvel app (just look at it). I was a comic-book kid, and I’m a comic-book grownup, and the thing that made comics for me was sharing them. If there was ever a medium that relied on kids swapping their purchases around to build an audience, it was comics. And the used market for comics! It was — and is — huge, and vital. I can’t even count how many times I’ve gone spelunking in the used comic-bins at a great and musty store to find back issues that I’d missed, or sample new titles on the cheap. (It’s part of a multigenerational tradition in my family — my mom’s father used to take her and her sibs down to Dragon Lady Comics on Queen Street in Toronto every weekend to swap their old comics for credit and get new ones).

So what does Marvel do to « enhance » its comics? They take away the right to give, sell or loan your comics. What an improvement. Way to take the joyous, marvellous sharing and bonding experience of comic reading and turn it into a passive, lonely undertaking that isolates, rather than unites. Nice one, Misney.

Infantalizing hardware
Then there’s the device itself: clearly there’s a lot of thoughtfulness and smarts that went into the design. But there’s also a palpable contempt for the owner. I believe — really believe — in the stirring words of the Maker Manifesto: if you can’t open it, you don’t own it. Screws not glue. The original Apple ][+ came with schematics for the circuit boards, and birthed a generation of hardware and software hackers who upended the world for the better. If you wanted your kid to grow up to be a confident, entrepreneurial, and firmly in the camp that believes that you should forever be rearranging the world to make it better, you bought her an Apple ][+.

But with the iPad, it seems like Apple’s model customer is that same stupid stereotype of a technophobic, timid, scatterbrained mother as appears in a billion renditions of « that’s too complicated for my mom » (listen to the pundits extol the virtues of the iPad and time how long it takes for them to explain that here, finally, is something that isn’t too complicated for their poor old mothers).

The model of interaction with the iPad is to be a « consumer, » what William Gibson memorably described as « something the size of a baby hippo, the color of a week-old boiled potato, that lives by itself, in the dark, in a double-wide on the outskirts of Topeka. It’s covered with eyes and it sweats constantly. The sweat runs into those eyes and makes them sting. It has no mouth… no genitals, and can only express its mute extremes of murderous rage and infantile desire by changing the channels on a universal remote. »

The way you improve your iPad isn’t to figure out how it works and making it better. The way you improve the iPad is to buy iApps. Buying an iPad for your kids isn’t a means of jump-starting the realization that the world is yours to take apart and reassemble; it’s a way of telling your offspring that even changing the batteries is something you have to leave to the professionals.

Dale Doherty’s piece on Hypercard and its influence on a generation of young hackers is a must-read on this. I got my start as a Hypercard programmer, and it was Hypercard’s gentle and intuitive introduction to the idea of remaking the world that made me consider a career in computers.

Wal-Martization of the software channel
And let’s look at the iStore. For a company whose CEO professes a hatred of DRM, Apple sure has made DRM its alpha and omega. Having gotten into business with the two industries that most believe that you shouldn’t be able to modify your hardware, load your own software on it, write software for it, override instructions given to it by the mothership (the entertainment industry and the phone companies), Apple has defined its business around these principles. It uses DRM to control what can run on your devices, which means that Apple’s customers can’t take their « iContent » with them to competing devices, and Apple developers can’t sell on their own terms.

The iStore lock-in doesn’t make life better for Apple’s customers or Apple’s developers. As an adult, I want to be able to choose whose stuff I buy and whom I trust to evaluate that stuff. I don’t want my universe of apps constrained to the stuff that the Cupertino Politburo decides to allow for its platform. And as a copyright holder and creator, I don’t want a single, Wal-Mart-like channel that controls access to my audience and dictates what is and is not acceptable material for me to create. The last time I posted about this, we got a string of apologies for Apple’s abusive contractual terms for developers, but the best one was, « Did you think that access to a platform where you can make a fortune would come without strings attached? » I read it in Don Corleone’s voice and it sounded just right. Of course I believe in a market where competition can take place without bending my knee to a company that has erected a drawbridge between me and my customers!

Journalism is looking for a daddy figure
I think that the press has been all over the iPad because Apple puts on a good show, and because everyone in journalism-land is looking for a daddy figure who’ll promise them that their audience will go back to paying for their stuff. The reason people have stopped paying for a lot of « content » isn’t just that they can get it for free, though: it’s that they can get lots of competing stuff for free, too. The open platform has allowed for an explosion of new material, some of it rough-hewn, some of it slick as the pros, most of it targetted more narrowly than the old media ever managed. Rupert Murdoch can rattle his saber all he likes about taking his content out of Google, but I say do it, Rupert. We’ll miss your fraction of a fraction of a fraction of a percent of the Web so little that we’ll hardly notice it, and we’ll have no trouble finding material to fill the void.

Just like the gadget press is full of devices that gadget bloggers need (and that no one else cares about), the mainstream press is full of stories that affirm the internal media consensus. Yesterday’s empires do something sacred and vital and most of all grown up, and that other adults will eventually come along to move us all away from the kids’ playground that is the wild web, with its amateur content and lack of proprietary channels where exclusive deals can be made. We’ll move back into the walled gardens that best return shareholder value to the investors who haven’t updated their portfolios since before eTrade came online.

But the real economics of iPad publishing tell a different story: even a stellar iPad sales performance isn’t going to do much to staunch the bleeding from traditional publishing. Wishful thinking and a nostalgia for the good old days of lockdown won’t bring customers back through the door.

Gadgets come and gadgets go
Gadgets come and gadgets go. The iPad you buy today will be e-waste in a year or two (less, if you decide not to pay to have the battery changed for you). The real issue isn’t the capabilities of the piece of plastic you unwrap today, but the technical and social infrastructure that accompanies it.

If you want to live in the creative universe where anyone with a cool idea can make it and give it to you to run on your hardware, the iPad isn’t for you.

If you want to live in the fair world where you get to keep (or give away) the stuff you buy, the iPad isn’t for you.

If you want to write code for a platform where the only thing that determines whether you’re going to succeed with it is whether your audience loves it, the iPad isn’t for you.



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