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Ecologie de guerre. Ecologie de marché. Ecologie financière, l’analyse de Thierry Meyssan

Posted on 9 mai 2010. Filed under: divers |

« L’abolition de l’esclavage ne fût pas seulement une décision morale; elle a aussi conduit à la révolution industrielle et à une croissance de la créativité et de l’emploi. Il est temps à présent d’abolir notre addiction envers le pétrole »
– Shaï Agassi, fondateur de BetterPlace

Objectif Terre des Hommes, le Blog des EcoTechnologies.

Cette analyse de Thierry Meyssan contient des points à mon avis très intéressants (ceci même si le passage sur  Cochabamba est à mon avis très partiel : l’auteur parle des dérives liées à la théorie Gaïa dans la deuxième partie du dossier, quand il parle de Maurice Strong, mais omet de faire le lien entre Gaïa et Pachamama dans la troisième partie).

Mais l’essentiel est là : il identifie clairement la stratégie écoeurante des grandes groupes industriels dans le domaine environnemental, stratégie d’évitement de la responsabilité par incitation à l’auto-culpabilisation des citoyens. « C’est pas nous, c’est vous ». J’avais parlé de cette stratégie ici en octobre 2009.

– Olivier

« Le discours environnemental est entré sur la scène politique internationale au début des années 80. Positif par essence, il est vite devenu un attribut indispensable du pouvoir légitime. Les plus importants chefs d’Etat ou de gouvernement se le sont approprié à un moment ou à un autre. Tandis que les multinationales les plus polluantes ont abondamment financé les organes compétents de l’ONU. Dans cet article en trois parties —qui ne fera plaisir ni aux écolos, ni à leurs adversaires—, Thierry Meyssan retrace l’embarrassante histoire de cette rhétorique. Elle a souvent consisté à manipuler les bons sentiments ou la peur de l’avenir pour faire passer des décisions militaires ou économiques contestées (…) En 40 ans, les questions environnementales ont été instrumentées aux fins politiques les plus différentes par Richard Nixon, Henry Kissinger, Margaret Thatcher, Jacques Chirac et Barack Obama. Aucun de ces leaders n’a cru que les variations climatiques sont imputables à l’homme et menacent sa survie. Pourtant, la plupart l’ont dit et ont trouvé un intérêt différent à le dire. Voici l’histoire de l’écologie politique comme champ d’affrontement des grandes puissances (…) »

1970-1982 : L’écologie de guerre

« (…) Le milliardaire David Rockefeller milite pour l’arrêt de la croissance mondiale. Il sponsorise un think tank, le Club de Rome. Celui fait réaliser une étude par l’équipe de Dennis Meadows (Massachussetts Institute of Technologie), qui est publiée sous le titre Halte à la croissance ? et devient un best-seller. Il relance la question posée par Thomas Malthus (1766-1834) : celle de la croissance beaucoup plus rapide de la population et de sa consommation que des richesses produites (…)

http://www.voltairenet.org/article163379.html

1982-1996 : L’écologie de marché

Au cours des années 80-90, l’écologie a été dissociée des questions de Défense pour se confondre avec les problématiques économiques. Dans ce second volet de son étude sur l’histoire de la rhétorique environnementale, Thierry Meyssan analyse comment les multinationales ont renversé la situation et sont passées de la position d’accusé à celle de sponsor des associations vertes (…)

James Gus Speth, ex-conseiller Environnement de Jimmy Carter, et Jessica Mathews (ex-adjointe de Zbignew Brzezinski au Conseil de sécurité nationale et administratrice de la Rockefeller Foundation) fondent un think tank écologiste destiné à influencer la Banque mondiale, le World Resources Institute. Financé par des multinationales, il sera le premier organisme de ce type à consacrer de gros budgets à l’étude politique du climat. Il met en cause la capacité des États à répondre aux défis environnementaux et préconise une gouvernance globale qui, selon lui, passe par le marché et non par l’ONU. Les traités sont inutiles. C’est aux multinationales de faire avancer ces dossiers et elles ne le feront que lorsque leurs actionnaires y trouveront un intérêt (…)

En 1986, la navette Challenger se désintègre en vol, 73 secondes après son décollage. Les États-Unis décident l’interruption immédiate des vols. La NASA entre dans une phase d’introspection et de réorganisation. Pour sauver son budget, elle envisage de se reconvertir dans l’observation par satellite des changements climatiques. Le directeur de l’institut de climatologie de la NASA, James Hansen, dramatise le problème lors de son audition par une commission du Sénat. Grâce à lui, le mouvement écologique états-unien trouve une caution scientifique et la NASA récupère son budget. Hansen relance la théorie de « l’effet de serre » : la présence dans l’atmosphère de certains gaz, dont le CO2, augmenterait la température globale de la surface terrestre  ; un concept formulé en 1896 par le physicien et chimiste suédois Svante Arrhenius. Ce scientifique scientiste avait émis l’hypothèse que l’humanité pourrait échapper à un nouvel âge glaciaire grâce à la chaleur de ses usines. Sa démonstration s’était avérée improvisée et l’idée avait été abandonnée. James Hansen la reprend —sans la vérifier—, pour en tirer la conclusion inverse : le développement industriel va provoquer un réchauffement climatique préjudiciable à l’humanité.(…)

Margaret Thatcher s’empare à son tour de la question climatique et s’impose rapidement comme le leader mondial en la matière (…) Les Premiers ministres canadien et britannique Brian Mulroney et Margaret Thatcher convainquent leurs partenaires du G7 (États-Unis, France, Allemagne et Italie) de financer un Groupe inter-gouvernemental d’étude sur l’évolution du climat (GIEC) sous les auspices du PNUE et de l’Organisation météorologique mondiale (…) Le GIEC ne prend tout son sens qu’avec le Hadley Center. Lady Thatcher n’a pas voulu créer une académie scientifique internationale, mais un organe politique, chargé d’encadrer la recherche ; et ce d’autant plus facilement que les savants qui y participent ont besoin du Centre Hadley pour poursuivre leurs travaux. Son objectif n’était pas de fabriquer une fausse science pour appuyer une ligne politique, mais d’ orienter la recherche fondamentale pour qu’elle devienne une recherche appliquée, utile à une nouvelle révolution industrielle qu’elle appelait de ses voeux (…) Lady Thatcher ferme les mines de charbon, s’appuie sur le pétrole de la mer du Nord et prépare l’avenir avec le nucléaire (…)

1992 : Rio, le troisième « sommet de la Terre » et le triomphe de Maurice Strong

Soudain, Strong renonce. Selon ses dires, un sage lui aurait révélé les propriétés mystiques de ce lieu sacré pour les Indiens. Avec son épouse Hanne, persuadée d’être la réincarnation d’une prêtresse indienne, ils créent la Manitou Foundation, dont elle est présidente et lui trésorier. Ils investissent 1,2 million de dollars. Ils construisent au Baca Ranch de Crestone un vaste complexe de spiritualité New Age où se côtoient temples hindous et bouddhistes, temples juifs et églises chrétiennes, chamans et autres sorciers, selon un urbanisme ésotérique. De hautes personnalités membres du très sérieux Aspen Institute (Rockefeller, Kissinger, etc.) viennent y méditer afin que toutes les religions ne fassent plus qu’une. Laurance Rockefeller (frère de David) fait un don de 100 000 dollars. Cette étrange aventure prend fin aussi subitement quelle avait commencé, sans que l’on ait jamais su si elle relevait du délire collectif ou si elle faisait partie d’un plan de communication pour adoucir l’image de requins de Maurice Strong et de ses amis. Au demeurant, le Baca Ranch aura servi de laboratoire pour élaborer la vulgate écologiste : une religiosité branchée, fondée sur le mythe biblique du déluge, enrobé de divers emprunts culturels, notamment bouddhistes. L’homme pécheur a succombé à la tentation industrielle et doit assumer le châtiment divin. A cause du réchauffement climatique qu’il a provoqué, les eaux bientôt recouvriront la surface de la Terre. Seul Noé l’écologiste survivra au déluge et avec lui les plantes et les animaux qu’il aura sauvés (…) Cette croyance s’appuie sur une cosmogonie inspirée des travaux du chimiste James Lovelock (élevé à la dignité de Commandeur de l’Empire britanique par Margaret Thatcher) : la théorie Gaïa (…)

Pendant que Maurice Strong et ses amis préparent la conférence, de nombreux scientifiques manifestent leur gêne devant la tournure des choses. Le journaliste français Michel Salomon réunit 3000 universitaires et 72 récipiendaires du Prix Nobel autour de l’Appel d’Heidelberg. Faisant allusion aux sanctuaires du Baca Ranch et aux théories de Gaïa, ils dénoncent « l’émergence d’une idéologie irrationnelle qui s’oppose au progrès scientifique et industriel et nuit au développement économique et social » (…) »

http://www.voltairenet.org/article164791.html

1997-2010 : L’écologie financière

Après avoir servi à Henry Kissinger et à Margaret Thatcher, la rhétorique environnementale a été récupérée par Al Gore. Il ne s’agit plus de détourner l’attention des guerres de l’Empire US, ni de restaurer la grandeur de l’Empire britannique, mais de sauver le capitalisme anglo-saxon. Dans ce troisième et dernier volet de son étude sur le discours écologiste, Thierry Meyssan analyse la dramaturgie préparatoire du sommet de la Terre de 2012 et la rébellion de Cochabamba (…) Dans son premier rapport, en 1990, le GIEC considérait comme « peu probable » une augmentation sans ambiguïté de l’effet de serre « dans les prochaines décennies ou plus ». En 1995, un second rapport de cet organe politique reprend à son compte l’idéologie du sommet de Rio et « suggère une influence détectable de l’activité humaine sur le climat planétaire » (…)

L’idée semble vertueuse, mais le diable se cache dans les détails : la création d’un marché des permis négociables ouvre la voie à une financiarisation supplémentaire de l’économie et, partant de là, à de nouvelles possibilités pour poursuivre le pillage des pays pauvres (…) En définitive, une holding —la Climate Exchange— est créée sous la forme d’une société de droit britannique de type Public Limited Company (c’est-à-dire que ses parts ont été vendues lors d’un appel public et que la responsabilité de ses actionnaires est limitée aux apports). Ses statuts sont rédigés par un administrateur de la Joyce Foundation, un juriste alors totalement inconnu du grand public, Barack Obama. L’appel public aux investisseurs est lancé par l’ancien vice-président des Etats-Unis, Al Gore, et par David Blood (ancien directeur de la banque Goldman Sachs) (…) Naïvement, les membres de l’Union européenne sont les premiers à adhérer à la théorie de l’origine humaine du réchauffement climatique et à ratifier le Protocole. Mais pour qu’il entre en vigueur, ils ont besoin de la Russie (…)

Copenhague, en attendant le sommet de la Terre de 2012

C’est en 2012 que devrait se tenir le cinquième sommet de la Terre et la révision du Protocole de Kyoto. Cependant Washington et Londres ont décidé d’ériger la XVe conférence sur les changements climatiques en un grand rendez-vous intermédiaire. C’est que la nouvelle politique anglo-saxonne entend utiliser le réchauffement climatique pour faire avancer ses deux objectifs majeurs : sauver le capitalisme et s’approprier la capacité de l’ONU à écrire le droit international (…)La conférence de Copenhague a été précédée d’une longue et puissante campagne de propagande. A commencer par le film d’Al Gore, An Inconvenient Truth, présenté au Festival de Cannes 2006, et qui lui vaut le Prix Nobel de la paix 2007. L’ex-vice-président des Etats-Unis, dont on a oublié le double jeu à propos du Protocole de Kyoto, se présente comme un militant convaincu. Pour défendre sa noble cause, il lui consacrerait bénévolement son temps libre. En réalité, il a réalisé ce documentaire et entrepris une tournée promotionnelle en qualité de conseiller rémunéré de la Couronne britannique, véritable commanditaire de l’opération. Al Gore est un spécialiste des manipulations de masse. C’est lui qui avait organisé, à la fin du XXe siècle la grande angoisse millénariste du « boge de l’an 2000 ». Il avait alors suscité la création d’un groupe d’experts de l’ONU, l’IY2KCC — en tous points comparable au GIEC—, pour donner l’apparence d’un consensus scientifique autour d’un problème mineur monté en épingle (…)

Durant les 40 années de discussions à l’ONU sur l’environnement, les choses ne se sont pas améliorées, bien au contraire. Mais un incroyable tour de passe-passe a été réalisé : la responsabilité des Etats a été oubliée, celle des multinationales à été occultée, tandis que celle des individus a été stigmatisée. L’arbre cache la forêt (…) Les principales atteintes à l’environnement ne sont pas la conséquence de modes de vie particuliers, ni de l’industrie civile, mais des guerres entreprises pour permettre aux multinationales d’exploiter les ressources naturelles, et de l’exploitation sans scrupule de ces ressources par ces multinationales pour alimenter les armées impériales (…) »

http://www.voltairenet.org/article164792.html

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The Oil Drum (Australia-NZ): Easter Island : A Case Study in the Response to Resource Depletion

Posted on 9 avril 2010. Filed under: divers | Étiquettes : , , |

This is a case study in which you are invited to answer the question, “What did the Easter Islander who cut down the last palm tree say while he was doing it?

For a several years, I have been intrigued by this question which Jared Diamond asks us to consider in his book ‘Collapse’.

In fact, the question can be asked more broadly: “What were the thought processes and discussions amongst the inhabitants of Easter Island leading up to the removal of the last remnants of forest?” This could be seen, perhaps, as a hypothetical exploration, rooted in a real historical event, of “the psychology of resource depletion denial.”

I can’t help feeling that this is highly relevant to us today where the world seems shrunk to the size of a small island in the vast ocean of space. How could the islanders so knowingly have destroyed the life-blood of their island and their own future? How do you imagine the Easter Islanders behaved in those last few years before the last tree was felled?

For some of the rationalisations, we probably don’t need to look any further than our local talkback radio, the proceedings of the Copenhagen convention or the comments section on any mainstream media opinion piece about Peak Oil or Climate Change, but there would certainly have been powerful idiosyncratic religious beliefs at play too.

Setting the Scene:

Easter Island is a small triangular island of 66 sq miles in the sub-tropical South East Pacific Ocean over 1000 miles from anywhere and consisting of 3 linked extinct volcanoes.

It was first settled by Polynesians who migrated there from the nearest Pacific Islands to the west, sometime between 400 AD and 900 AD.

When they arrived bringing their traditional Polynesian vegetables the island was covered in a variety of large and smaller species of trees and in particular a very large species of palm tree with edible nuts and a wide girth, seals and many species of sea birds which nested there free from predators (incidentally rats which played an important role in the deforestation by eating seeds and nuts).

There were no permanent creeks and the soil and climate were relatively unfavourable compared with many other Pacific Islands for a number of reasons, but at first it must have seemed wonderfully bountiful.

The population grew and 12 tribes became established, with the island divided up like a pizza in the traditional Polynesian way. Most significantly, there was no one supreme chief–instead each tribe vied for status with one other. For the most part, this was probably fairly harmonious with considerable cooperation between the tribes probably mediated by a counsel of the chiefs of the 12 tribes such as we see elsewhere but with intermittent power and territorial struggles (this absence of a single controlling chief may have played a big part in the disasters which followed).

The settlers brought with them their traditional Polynesian religious beliefs regarding deification of ancestors transmogrified into gods of fertility and bounty personified in the shape of stone statues–carved, transported and placed on impressive stone platforms near the beach around the coast in each tribe’s territory. Elsewhere in Polynesia though, the statues tend to be small. Presumably, as the statues represented the power of the chiefs and their link to the supernatural and hence the future prosperity of the tribe, there developed intense competition between the tribes to see who could have the most statues and the largest statues and hence the most prestige and glory. The key village of each tribe was located near to the beach and the statues were arranged in a row between the village and the sea. I had always imagined that they faced outwards towards the sea but recently learned that they actually faced inwards towards the village.

Nearly all of the statues came from one quarry of ideal stone near the middle of the island. The statues had to be carved out of the rock using harder stone tools then transported down to the coast and then somehow erected on the platforms. (The large reddish cylindrical hats which can be seen on some statues came from another quarry.)

This transportation was an extraordinary feat and could only be performed using vast numbers of wooden rollers, sledges and levers, not to mention the incredible number of man hours per statue. The capacity of the island to provide a relatively easy living (what we would call the EROEI) so as to free up so many workers for seemingly non-productive activity must have been considerable.

But over the centuries, this non-productive use of the forests, combined with increased need for timber due to population growth, would have gradually resulted in progressive deforestation, loss of habitat for a variety of edible plants, birds and animals, loss of protection from sun and wind, loss of fire wood and erosion of soil.

Natural reseeding would have been inhibited by a plentiful supply of seed-eating rats which had few natural enemies on the island (probably only humans and birds of prey).

The phenomenon of ‘creeping normalcy’ may have prevented anyone from noticing this decline for a few centuries – especially as the early statues were comparatively small and would have consumed the forests at a relatively modest rate.

But as the forests shrunk in area and the annual percentage rate of depletion steadily increased, at some point, someone must have realised that the situation was not sustainable and said as much. The island is not that big and what was happening at one end would have been common knowledge at the other end.

By around the year 1600, the last tree was chopped down and there were no more until they were reintroduced by Europeans many years later.

Some time before the last tree was cut down- perhaps this was done in a moment of spite, desperation, anger or vengeance – the society collapsed into mass starvation, war and cannibalism.

What might have happened in the lead up?

One can imagine between 1400 and 1500, some of the people muttering about the loss of forest and predicting that “..at the current rate it will all be gone in a generation or two.”

How did the chiefs react to this prediction ? Did they have a ‘Forest Change’ summit? Was it on the agenda of one of their regular meetings and at what percentage of depletion from the original virgin forest did this occur? 50%? 70%? 90%?

Where the first whistleblowers listened to or ridiculed or punished? Perhaps at first they were ridiculed as eccentrics then if they persisted. Perhaps they were seen as a genuine threat to the establishment and eaten as human sacrifice (with the priests getting first pick of the good bits) as was the order of the day. This would have kept the doomsters quiet for a while though many may have continued to secretly harbour fears for the long-term sustainability of the forest.

There would have been powerful forces opposed to the expression of such heretical ideas. The power of the chiefs, the priestly caste and the gods/ancestors was integrated both practically and theologically (as we see in most societies).

There is a kind of unassailable philosophy which says that the hereditary rights and powers of the chiefs are the manifestation on Earth of the Will of the Gods. The ancestors of the chiefs (i.e. dead chiefs) take on god-like powers. The role of the gods is to ensure the ongoing health, fertility and prosperity of the people and the ongoing bountifulness of the land and sea. The priests interpret ‘The Will of the Gods’ which somehow always favours the centralisation of power with the chiefs and the priests.

The statue of the chief becomes one of the key physical manifestations of this power.

This all works very well with the people and the king’s security service remaining loyal and willing to provide tithes of goods and services to the king and his retinue in return for their ongoing guaranteed prosperity.

But this kind of system can easily initiate a competitive positive feedback loop in which each chief attempts to outdo his rival chiefs in creating the biggest and the best statue in his own honour (the gods have confirmed in each case that this is their wish).

Unfortunately the gods can be fickle too and sometimes, in spite of all the standard observances, prayers, ritual, human sacrifices and statue building, the tribes will go through a bad patch in which the fish disappear, the sea birds don’t nest, the rain doesn’t arrive, pests or diseases damage the root crops or other mysterious and inexplicable bad things (like cyclones or tsunami) happen.

When this happens the loyalty of the people and their faith in the system can be sorely tested so that the chief will need to respond to the crisis in some way. One way is to accuse some already unpopular people of witchcraft, blasphemy, giving out bad vibes/negative energy etc to deliberately cause the bad weather events – in other words a scapegoat. These offenders might also coincidentally be the very persons who had been advocating the building of smaller statures in order to avoid cutting down so many trees.

Another response apart from ruthlessly suppressing all dissent is to logically argue that the gods must be displeased because the statues aren’t big enough and a nervous chief, worried about his shrinking powerbase will commission the production of an even bigger statue just to confirm his piety and majesty.

In spite of all this the Establishment themselves must at some point have started to notice the bleeding obvious, namely that the forest was nearly gone and that they would have to discuss how best to avoid losing the remaining bits of forest.

So what happened next? Why didn’t a workable plan emerge and get implemented? If it did what went wrong? Can we blame it all on tribalism and ‘The Tragedy of the Commons’? We know the final outcome, but what was the path to that outcome and are we treading that same path again?

It would have been wonderful to have had a written historical record of the details but in its absence, it what do you imagine happened?

This is a guest post from Ralph Faggotter (also known as fingolfin).

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Sur le site d’Internet-Actu: Les transformations de l’écosystème de l’information dans le monde du travail.

Posted on 6 avril 2010. Filed under: divers |

Toutes les études concordent pour dire que la place de l’écrit dans les activités professionnelles, tertiaires, augmentent depuis une vingtaine d’années, explique Valérie Beaudouin. Que ce soit dans l’activité de management hiérarchique et transversale, où l’écrit devient une ressource fondamentale dans l’évaluation et dans le montage de projets ; que ce soit dans la relation client ; comme dans le travail en débordement ou dans le travail de production de soi (où il faut construire son parcours professionnel). Les pratiques d’écriture et lecture sont devenues principales, comme le montrent les travaux de Frédéric Moatty.

Trois outils sont devenus les principales médiations de ces activités d’écritures au travail : les applications du système d’information qui mettent l’écrit au coeur du dispositif de l’organisation, les documents (textes, tableurs et présentations) et bien sûr, la messagerie électronique, qui est devenue l’activité d’écriture la plus porteuse de surcharges informationnelles. Celle-ci joue d’ailleurs un rôle de hub de la communication en entreprise : quel que soit le type d’écrit qui circule, il en reste des traces sur le mail. Le mail est devenu à la fois le lieu de circulation de tous les écrits et un outil multifonctionnel (voir les travaux de Wanda Orlikowski et Joanne Yates, ou ceux de Jérôme Denis et Houssem Assadi sur les “Usages de l’e-mail en entreprise” qui distinguent les usages du mail selon le nombre d’interlocuteurs et selon les formes de circulation, dans l’ouvrage dirigé par Emmanuel Kessous et Jean-Luc Metzger, Le travail avec les technologies de l’information ).

Pourquoi constate-t-on un tel flux de message dans l’organisation ? Pourquoi y’a-t-il autant de production d’écrit ? Cela est dû, explique Valérie Beaudouin, à l’essor de la logique gestionnaire : “rendre compte de l’activité devient une activité croissante de l’activité elle-même. L’écrit est une preuve opposable qui met en visibilité l’activité. Il faut aussi compter sur la complexification du travail : le travail simple a été délégué aux machines, reste à l’humain le travail complexe avec coopération et coordination (donc production d’écrit). Il faut aussi noter le développement de l’organisation en mode projet dans les entreprises où l’écrit devient le mode de coordination dans le temps et l’espace. Le coût de production de l’écrit a également fortement diminué tant dans la communication que la publication : la rareté se situe du côté de la demande et non plus de l’offre. Enfin, nous sommes dans un contexte de transformation permanente des organisations : les collectifs de travail sont en permanence en train de s’entretenir, de se reconstituer… Et pour cela, ils ont besoin également d’une production écrite.

La place croissante de l’écrit a de nombreuses incidences. Bien sûr, elle explique en partie la surcharge informationnelle et communicationnelle : les flux d’information s’ajoutent aux flots de sollicitations… Les flux d’information ont énormément cru, alors que les moyens de les traiter, les médiations, ne sont pas à la hauteur de ces volumes. L’autre incidence, repose sur la fragmentation de l’activité professionnelle par les interruptions, les sollicitations (rôle du mail notamment) et par les interdépendances dans les collectifs (on dépend de plus en plus des autres, et il nous faut coopérer plutôt que de travailler seul…). Face à cette surcharge d’information, le processus de choix devient une activité à part entière : que lire, comment lire, que retenir, à qui répondre, par quel canal… ?

Si on constate une forte croissance de l’écrit, il faut aussi souligner qu’elle est fortement articulée à l’oral. La réunion (qui est à la fois le lieu de coordination orale, le lieu de travail autour de l’écrit, de plus en plus soutenu par des supports écrits) est de plus en plus importante dans les agendas professionnels. Et c’est là que s’exprime toute la tension entre l’écrit et l’oral.

Les présentations : l’outil de collaboration et du partage de savoir en entreprise

addicted-powerpointLa messagerie électronique et les présentations PowerPoint ont remplacé les autres formes de production d’écrits dans les organisations. Les présentations sont omniprésentent, elles circulent sur les réseaux, se copient, se remixent, se démultiplient… Très utilisées, elles contribuent à la surcharge informationnelle. Mais si elles sont très utilisées, elles sont aussi très critiquées. “Quelle est leur efficacité pour collaborer ? Pour partager les savoirs ?”

La présentation est née avec le XXe siècle rappelle Valérie Baudouin. Les présentations orales sont passées d’une situation ou le contenu était intériorisé dans le cerveau de l’orateur à une présentation avec un support externe et partagé avec le public. Puis, le support de présentation est devenu de plus en plus autonome par rapport au présentateur et à la présentation. Il a tendance à devenir un support de communication à part entière : la présentation est devenue un document plus qu’un complément.

Désormais, elles ont une double fonction : elles servent à la fois de support à la présentation orale, mais elles sont aussi autonomes, porteuses de signification par elles-mêmes… Cette double fonction créée une tension très forte entre la surcharge informationnelle dont elles sont en partie les vecteurs et la perte de sens qui les constitue (car dans ces présentations, bien souvent, il manque la logique d’ensemble et les nuances… qui est délivrée de manière orale). Ces supports sont très critiqués en situation de lecture (car ils sont séquentiels, sans articulations, et portent souvent des contenus pauvres) : la construction du sens est reportée sur le lecteur. En présentation orale, il y a des difficultés réelles d’alignement (entre ce qu’il a dire qui est continu alors que le défilé du texte se fait par bloc, d’une manière discontinue). Sans compter que pour l’auditoire, il est nécessaire d’ajuster ce qu’on entend et ce qu’on lit… Autant de difficultés qui impliquent une charge plus lourde pour le récepteur et des risques de mécompréhension.

Death By PowerPoint, un grand classique pour améliorer ses présentations PowerPoint.

Malgré ce niveau important de critique, force est de reconnaître que les présentations PowerPoint sont bien adaptées à l’écologie informationnelle et au fonctionnement de la production en entreprise. L’accélération des rythmes de travail fait qu’il est moins couteux de produire une présentation qu’un rapport écrit. Il est aussi plus simple de construire une présentation à plusieurs (puisque l’articulation y est absente), qu’un rapport. “En terme de productivité, le PowerPoint a simplifié le travail” : le jeu de présentations est devenu le seul livrable, facile à réutiliser, à mettre à jour. Lors d’une présentation orale, le transparent est un artefact adapté pour capter l’attention du public, pour permettre au public de se remettre dans le flux du discours…

Il constitue un écrit très imparfait bien sûr, qui demande des compétences complexes pour le maîtriser (mais il en faut aussi pour accomplir un rapport). Néanmoins, il réduit la charge de travail en production. C’est un format certainement transitoire, estime la chercheuse : il est adapté à notre époque, à l’écologie de l’économie numérique actuelle. Il a déjà tendance à se transformer : on commence à voir de plus en plus de conférenciers projeter un film, des présentations plus multimédias, qui ne nécessitent plus leur intervention, hormis pour répondre aux questions suite à la présentation…

Comment l’organisation influe-t-elle sur la production d’écrits ?

Valérie Baudouin souhaite travailler à un projet d’exploration de contenus de mails et d’agenda… Son idée, regarder l’incidence des réorganisations d’entreprises et des évolutions de carrière sur la production écrite et les réseaux de relation. Les travaux sur les réseaux sociaux ont montré que dans la carrière professionnelle, les liens faibles jouent un rôle fondamental dans l’évolution sociale et professionnelle. Est-ce que dans les environnements qui changent rapidement, comme l’entreprise, les possibilités de nouer des liens faibles persistent ? Comment la progression dans la hiérarchie joue-t-elle sur la pratique de l’écrit ?

Valérie Baudouin a ainsi mesuré le nombre de mail qu’elle a envoyé et reçu pendant 10 ans alors qu’elle travaillait dans une grande entreprise française, pour montrer la croissance régulière du nombre de messages dans le temps, à mesure que les pratiques se diffusaient, ainsi que le doublement des échanges à chaque étape d’un changement hiérarchique dans sa carrière. Bien sûr, cette première exploration est encore lacunaire. Il faudrait pouvoir étudier plusieurs individus (qui disposent d’archives personnelles), mettre en place des indicateurs et des traitements pour ces masses de données…

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Le meilleur du jour, tout le monde en parle: l’iPad, c’est sur Techtrend!

Posted on 4 avril 2010. Filed under: divers |

iPad : révolution ou gadget à la mode ?

Publié le 4 avril 2010 par christophe lefevre

Techno

myipadOn n’entend plus parler que de ça sur la sphère et même en dehors, sur n’importe quel quotidien, l’iPad est devenu un des gros sujets high-tech à la mode .

L’iPad, ce n’est qu’un gros iPod Touch, non? Alors comment pourrait-il révolutionner l’informatique ? C’est la question que se sont posés de nombreux spécialistes qui comme moi, ont du mal à comprendre l’engouement des internautes. Il faut dire qu’Apple ne se trompe rarement et ces dernières années, il a même plutôt fait mouche.

L’iPhone fut un vrai succès, certains spécialistes prévoient un succès supérieur pour l’iPad. Imaginez donc que toutes les personnes que vous voyez se promener iPhone à la main, avoir à la place, un iPad sous le bras. Bizarre, non ? Et pourquoi pas ?

Un produit qui massacre la concurrence.

L’iPad n’est pas un produit si nouveau, il a déjà 2 produits concurrents réels. Je ne parle pas des nombreuses tablettes qui sont sorties sous Windows XP Tablet PC Edition, celles-là n’ont vraiment pas eu beaucoup de succès, et pour cause, remplacer la souris par le doigt, ce n’est pas comme ça qu’il faut imaginer le tactile, et Apple l’a d’ailleurs bien compris.

Non, je parle du Kindle et des NetBook : Le Kindle est un produit qui a déjà un certain succès, notamment, grâce à la presse qui a mis le paquet pour mettre en avant le produit.

En effet, le Kindle fut l’une des meilleures solutions pour celle-ci de pouvoir monnayer ses versions numérisées.

Mais malgré son autonomie et sa capacité à rendre confortable la lecture de livre sur écran, pour un prix presque similaire, l’iPad offre un écran couleur, la lecture de films, des jeux et applications multimédias, internet, soit il ne se limite pas à la simple lecture de bouquin. La presse essaye donc de promouvoir ce nouveau support qui devrait faire mieux que le Kindle en matière de monétisation du contenu numérique.

ipadvskindle

Il suffit de pensez au succès d’iTunes et de l’appstore pour se rendre compte qu’Apple a le chic pour vendre ce que les internautes avaient l’habitude de consommer gratuitement.

Le deuxième concurrent direct de l’iPad est le NetBook. Le principe du netbook, c’est de proposer un produit bon marché et léger pour effectuer les taches les plus courantes sur un PC portable. Un travail que l’iPad effectue encore mieux.

Son système est rapide et ergonomique, il offre une nouvelle expérience de surf, mais également pour la lecture d’email, de jeux mobiles, pour un poids réduit.

Si vous voyagez beaucoup en train, ou en avion, sachez que l’iPad est également l’un des meilleurs lecteurs de vidéos portatifs avec une autonomie tout à fait acceptable.

Un produit utile pour les entreprises

Si l’iPad a de grandes facultés ludiques, il peut également être utile comme PDA pour suivre son agenda, ses notes, ses mails.

Il permettra également d’emporter avec soi ses graphiques et document en tout genre. Pour toutes les applications bureautiques, celui-ci dispose de la suite bureautique iWork.

iworks

De part son autonomie de 10heures, il sera un excellent compagnon pour les longs séminaires.

Mais dans le cas d’une utilisation professionnelle, il est préférable d’investir dans un iPad WiFi + 3G vendu à partir de 679 euros

L’iPad n’est pas fait pour les geeks.

Si vous êtes technophiles, vous trouverez certainement l’iPad un peu limité : Il n’est pas très pratique pour les personnes qui surfent toutes la journée puisqu’il n’affiche pas le flash.

En fait, l’iPad n’est pas vraiment un ordinateur. Vous ne ferez pas de montages vidéos, ni du développement dessus, pas de Photoshop, ou à la limite une version ultra simplifiée.

Mais tout ce qu’un utilisateur lambda fait, il le fait très bien et très simplement. Parfois mieux qu’un Macbook. L’iPad conviendra très bien aux plus jeunes qui utilisent surtout l’ordi pour la musique, les films, MSN, les réseaux sociaux, également aux personnes plus âgées qui ne sont pas à l’aise avec l’informatique.

Fondamentalement multi-usage

monopolyAvec l’iPad, une nouvelle aire de créativité s’ouvre. La concurrence va rapidement suivre grâce à Android et avec l’HTML5 apparaitront une série d’applications compatibles à la fois avec l’iPad, les tablettes sous Android et Chrome OS.

Contrairement à un iPhone, l’iPad est assez grand pour être utilisé simultanément par plusieurs personnes. Ca semble bizarre, et pourtant, il trouvera son utilité pour des utilisations qui semblent inconcevables jusqu’à présent. Ainsi, une série d’applications de jeux de sociétés vont très certainement apparaitre : Echec, Puissance 4,  Monopoly. Il suffira de placer l’iPad au centre de la table pour jouer en famille.

Il sera également utile pour remplacer les documents pour tout ce qui est services de livraison, où vous pourrez signez avec le stylet sur la tablette.

Il faut l’essayer pour le comprendre

Il est normal que vous ayez du mal à trouver l’intérêt de l’appareil tant que vous ne l’avez pas essayez. C’est un peu comme les personnes qui pensent que l’iPhone est juste un téléphone avec un écran tactile, c’est bien plus que ça, mais pour s’en rendre compte, il faut en avoir un.

Les premiers journalistes qui ont eu la chance de le tester sont unanimes, l’iPad est vraiment quelque chose de nouveau et révolutionnaire :

  • Wall Street Journal : « L’iPad est un nouveau type d’ordinateur, vous devez le toucher et l’utiliser pour l’appréhender complètement ….  Après avoir passé des heures et des heures avec l’iPad, je crois que ce nouveau très bel appareil d’Apple a le potentiel pour changer profondément l’informatique portable, et contester la primauté de l’ordinateur portable »
  • PC Mag :  « Il a tout simplement du sens … L’écran répond instantanément, et offre une expérience multitouch impeccable »
  • New York Times : « L’iPad a été conçu et fabriqué par des perfectionnistes. Si vous aimez le concept vous adorerez la machine »
  • USA Today : « Le premier iPad est une réussite …  l’iPad pourrait revigorer l’intérêt du grand public pour les tablettes d’une manière qui ferait rêver Bill Gates …Apple est en train de redéfinir les règles de l’informatique grand public… Cette tablette est amusante, simple, étonnante à regarder et incroyablement rapide…cette machine est l’antithèse des netbook bon marché, et peu performants dont Steve Jobs s’est aisément moqué. »

L’iPad va remplacer l’ordinateur pour toute une série d’utilisation, et oui, nous risquons d’en voir vraiment partout, mais malgré tout, il est vrai que l’iPad souffre par contre de quelques manquements tel que la webcam, mais nous savons qu’Apple décide volontairement d’oublier certaines fonctions pour pouvoir sortir des versions améliorée par la suite. C’était le cas de l’iPhone qui est sorti à la base sans la 3G et sans la vidéo.

Si vous êtes à la fois intéressés et hésitant concernant cette petite merveille, attendez plutôt la 2ème génération qui aura certainement balayé bon nombre de manquement de celle-ci.

Dans tous les cas,  même si aujourd’hui, ça vous semble ridicule, il y a de fortes chances pour que l’iPad vous attire très bientôt.

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Best of the day: from Boingboing of course!

Posted on 2 avril 2010. Filed under: divers | Étiquettes : |

Why I won’t buy an iPad (and think you shouldn’t, either)

Cory Doctorow at 5:23 AM April 2, 2010

I’ve spent ten years now on Boing Boing, finding cool things that people have done and made and writing about them. Most of the really exciting stuff hasn’t come from big corporations with enormous budgets, it’s come from experimentalist amateurs. These people were able to make stuff and put it in the public’s eye and even sell it without having to submit to the whims of a single company that had declared itself gatekeeper for your phone and other personal technology.

Danny O’Brien does a very good job of explaining why I’m completely uninterested in buying an iPad — it really feels like the second coming of the CD-ROM « revolution » in which « content » people proclaimed that they were going to remake media by producing expensive (to make and to buy) products. I was a CD-ROM programmer at the start of my tech career, and I felt that excitement, too, and lived through it to see how wrong I was, how open platforms and experimental amateurs would eventually beat out the spendy, slick pros.

I remember the early days of the web — and the last days of CD ROM — when there was this mainstream consensus that the web and PCs were too durned geeky and difficult and unpredictable for « my mom » (it’s amazing how many tech people have an incredibly low opinion of their mothers). If I had a share of AOL for every time someone told me that the web would die because AOL was so easy and the web was full of garbage, I’d have a lot of AOL shares.

And they wouldn’t be worth much.

Incumbents made bad revolutionaries
Relying on incumbents to produce your revolutions is not a good strategy. They’re apt to take all the stuff that makes their products great and try to use technology to charge you extra for it, or prohibit it altogether.

I mean, look at that Marvel app (just look at it). I was a comic-book kid, and I’m a comic-book grownup, and the thing that made comics for me was sharing them. If there was ever a medium that relied on kids swapping their purchases around to build an audience, it was comics. And the used market for comics! It was — and is — huge, and vital. I can’t even count how many times I’ve gone spelunking in the used comic-bins at a great and musty store to find back issues that I’d missed, or sample new titles on the cheap. (It’s part of a multigenerational tradition in my family — my mom’s father used to take her and her sibs down to Dragon Lady Comics on Queen Street in Toronto every weekend to swap their old comics for credit and get new ones).

So what does Marvel do to « enhance » its comics? They take away the right to give, sell or loan your comics. What an improvement. Way to take the joyous, marvellous sharing and bonding experience of comic reading and turn it into a passive, lonely undertaking that isolates, rather than unites. Nice one, Misney.

Infantalizing hardware
Then there’s the device itself: clearly there’s a lot of thoughtfulness and smarts that went into the design. But there’s also a palpable contempt for the owner. I believe — really believe — in the stirring words of the Maker Manifesto: if you can’t open it, you don’t own it. Screws not glue. The original Apple ][+ came with schematics for the circuit boards, and birthed a generation of hardware and software hackers who upended the world for the better. If you wanted your kid to grow up to be a confident, entrepreneurial, and firmly in the camp that believes that you should forever be rearranging the world to make it better, you bought her an Apple ][+.

But with the iPad, it seems like Apple’s model customer is that same stupid stereotype of a technophobic, timid, scatterbrained mother as appears in a billion renditions of « that’s too complicated for my mom » (listen to the pundits extol the virtues of the iPad and time how long it takes for them to explain that here, finally, is something that isn’t too complicated for their poor old mothers).

The model of interaction with the iPad is to be a « consumer, » what William Gibson memorably described as « something the size of a baby hippo, the color of a week-old boiled potato, that lives by itself, in the dark, in a double-wide on the outskirts of Topeka. It’s covered with eyes and it sweats constantly. The sweat runs into those eyes and makes them sting. It has no mouth… no genitals, and can only express its mute extremes of murderous rage and infantile desire by changing the channels on a universal remote. »

The way you improve your iPad isn’t to figure out how it works and making it better. The way you improve the iPad is to buy iApps. Buying an iPad for your kids isn’t a means of jump-starting the realization that the world is yours to take apart and reassemble; it’s a way of telling your offspring that even changing the batteries is something you have to leave to the professionals.

Dale Doherty’s piece on Hypercard and its influence on a generation of young hackers is a must-read on this. I got my start as a Hypercard programmer, and it was Hypercard’s gentle and intuitive introduction to the idea of remaking the world that made me consider a career in computers.

Wal-Martization of the software channel
And let’s look at the iStore. For a company whose CEO professes a hatred of DRM, Apple sure has made DRM its alpha and omega. Having gotten into business with the two industries that most believe that you shouldn’t be able to modify your hardware, load your own software on it, write software for it, override instructions given to it by the mothership (the entertainment industry and the phone companies), Apple has defined its business around these principles. It uses DRM to control what can run on your devices, which means that Apple’s customers can’t take their « iContent » with them to competing devices, and Apple developers can’t sell on their own terms.

The iStore lock-in doesn’t make life better for Apple’s customers or Apple’s developers. As an adult, I want to be able to choose whose stuff I buy and whom I trust to evaluate that stuff. I don’t want my universe of apps constrained to the stuff that the Cupertino Politburo decides to allow for its platform. And as a copyright holder and creator, I don’t want a single, Wal-Mart-like channel that controls access to my audience and dictates what is and is not acceptable material for me to create. The last time I posted about this, we got a string of apologies for Apple’s abusive contractual terms for developers, but the best one was, « Did you think that access to a platform where you can make a fortune would come without strings attached? » I read it in Don Corleone’s voice and it sounded just right. Of course I believe in a market where competition can take place without bending my knee to a company that has erected a drawbridge between me and my customers!

Journalism is looking for a daddy figure
I think that the press has been all over the iPad because Apple puts on a good show, and because everyone in journalism-land is looking for a daddy figure who’ll promise them that their audience will go back to paying for their stuff. The reason people have stopped paying for a lot of « content » isn’t just that they can get it for free, though: it’s that they can get lots of competing stuff for free, too. The open platform has allowed for an explosion of new material, some of it rough-hewn, some of it slick as the pros, most of it targetted more narrowly than the old media ever managed. Rupert Murdoch can rattle his saber all he likes about taking his content out of Google, but I say do it, Rupert. We’ll miss your fraction of a fraction of a fraction of a percent of the Web so little that we’ll hardly notice it, and we’ll have no trouble finding material to fill the void.

Just like the gadget press is full of devices that gadget bloggers need (and that no one else cares about), the mainstream press is full of stories that affirm the internal media consensus. Yesterday’s empires do something sacred and vital and most of all grown up, and that other adults will eventually come along to move us all away from the kids’ playground that is the wild web, with its amateur content and lack of proprietary channels where exclusive deals can be made. We’ll move back into the walled gardens that best return shareholder value to the investors who haven’t updated their portfolios since before eTrade came online.

But the real economics of iPad publishing tell a different story: even a stellar iPad sales performance isn’t going to do much to staunch the bleeding from traditional publishing. Wishful thinking and a nostalgia for the good old days of lockdown won’t bring customers back through the door.

Gadgets come and gadgets go
Gadgets come and gadgets go. The iPad you buy today will be e-waste in a year or two (less, if you decide not to pay to have the battery changed for you). The real issue isn’t the capabilities of the piece of plastic you unwrap today, but the technical and social infrastructure that accompanies it.

If you want to live in the creative universe where anyone with a cool idea can make it and give it to you to run on your hardware, the iPad isn’t for you.

If you want to live in the fair world where you get to keep (or give away) the stuff you buy, the iPad isn’t for you.

If you want to write code for a platform where the only thing that determines whether you’re going to succeed with it is whether your audience loves it, the iPad isn’t for you.



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Best of the day: C’est sur ReadWriteWeb (#media sociaux)

Posted on 31 mars 2010. Filed under: divers |

Greenpeace et Nestlé sur Facebook : l’Art de la Guerre

Ecrit le 30 mars 2010 par Fabrice Epelboin

Ces derniers jours s’est joué sur Facebook une bataille entre Greenpeace et Nestlé qui fera date dans l’histoire de l’activisme, des média sociaux, et dans la façon dont les grands annonceurs aborderont désormais internet.

Ce n’est pas la première fois que de tels affrontements ont lieu sur internet, mais cette fois, c’est à une opération savamment mise au point, et exécutée de façon parfaitement professionnelle, à laquelle Nestlé a du faire face.

Cela a été l’occasion pour la multinationale Suisse de réaliser à quel point l’amateurisme en matière de média social n’était plus de mise : cinq ans après l’avènement du web 2.0, les activistes sont désormais tout ce qu’il y a de plus professionnels, et l’ère du buzz, qui représente encore trop souvent l’alpha et l’omega du web 2.0 pour les grands annonceurs, semble désormais bien finie.

Cet épisode marque un tournant, celui où désormais la valeur et le rôle des community managers semble indiscutable, et où à défaut de R.O.I. on saura désormais opposer à ceux qui trouvent cette dépense inutile, les foudres de consommateurs réunis en meute, prêt à mettre en pièce une image de marque savamment peaufinée à coup de millions.

Cette crise marque également le premier retour sur investissement réellement mesurable dans le web social : faire face à ce genre de crise sans trop de dommages ; ici, bien sûr, l’investissement consenti par Nestlé dans le web social était largement insuffisant pour espérer s’en sortir.

planifiée, les annonceurs n’avaient jusqu’ici eut à faire qu’à des initiatives issues de groupuscules ou d’individus isolés, qui n’avaient jamais fait œuvre d’autant de professionnalisme. Enfin, cet épisode sonne le début d’une nouvelle ère jusqu’ici relativement contingentée à la politique, celui de la web guérilla, organisée et

La crise

La campagne Greenpeace

Greepeace n’a pourtant pas pris Nestlé en traitre. Cela fait un bout de temps que l’organisation de protection de la nature dénonce les agissements des sous traitants de Nestlé qui, pour produire l’huile de palme indispensable à l’agro alimentaire, n’hésitent pas à saccager la forêt indonésienne et à détruire l’habitat de nombreuses espèces protégées (et fait cela via ses sous traitants, ce qui, comme pour Nike en son temps avec le travail des enfants, ne trompe absolument personne).

Après avoir publié plusieurs rapports et écrit une série d’articles, Greenpeace a décidé de se faire entendre d’une toute autre façon, en portant sur internet les actions qui l’ont rendu célèbre IRL (« In Real Life »).

La stratégie mise en place par Greenpeace est d’autant plus imparable qu’elle est professionnelle, et qu’elle attaque une société prise totalement au dépourvu. L’effet de surprise a joué à son maximum.

greenpeace-minisite

Un premier article, puis un clip viral parodiant une publicité Kitekat (propriété de la marque Nestlé), on été mis en ligne, suivi immédiatement d’un site dédié, dénonçant les agissements de Nestlé, ainsi que d’une multitude de sites régionaux destinés à permettre aux activistes de porter leurs actions localement. Enfin, un billet réunissant du matériel de campagne a été mis en ligne sur le blog de Greenpeace : logos détournés, clips vidéo, lettres type à envoyer aux représentants de Nestlé, etc.

Ce même blog fera office de quartier général des attaques, relayé par l’indispensable Twitter, dont la page a été réhabillée pour l’occasion : une façon claire et nette pour l’ONG de signaler aux yeux de tous que toutes ses forces étaient désormais engagées dans la bataille. Le 17 mars, les hostilités sont lancées, Twitter s’emballe.

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Le 19, à la veille du week end, Greenpeace lance une seconde attaque.

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La réponse de Nestlé

Face au professionnalisme de Greenpeace, Nestlé a répondu avec la plus grande légèreté, et surtout, sans la moindre réflexion ni stratégie.

La première réponse fut d’ordre juridique : Nestlé a tenté de faire retirer des sites comme YouTube le clip de Greenpeace au prétexte qu’il portait atteinte à sa propriété intellectuelle.

Ce premier faux pas fut le véritable point de départ de la campagne de Greenpeace qui comptait vraisemblablement sur une telle idiotie de la part de Nestlé, car l’effet (connu sous le nom d’effet Streisand) ne s’est pas fait attendre : les protestations, jusqu’ici contingentée à quelques blogs militants, ont tout bonnement explosé partout sur la toile, et, bien sûr, dans les média (enfin, pas tous, mais c’est une autre histoire, il faut les comprendre, Nestlé est un énorme annonceur qu’il convient de ne pas froisser).

L’utilisation « abusive » du droit d’auteur est très populaire dans la population internaute, on appelle cela la culture du remix (un sous ensemble de la Culture Libre, en quelque sorte). Attaquer cette forme d’expression culturelle, c’est attaquer, si ce n’est internet, du moins la culture qui le porte. Grossière erreur.

Le fracas généré par la tentative de censure a donné à l’opération de Greenpeace un écho que l’on pourrait croire inespéré si tout cela ne semblait pas être tout simplement un piège dans lequel Nestlé est tombé à pieds joints.

Du jour au lendemain – pour ne pas dire d’une minute à l’autre – l’opération de Greenpeace faisait désormais les gros titres de CNN, et une nouvelle cible était désormais désignée à une meute de militants du dimanche : la page Facebook de Nestlé était désormais l’endroit où devait se concentrer les protestations.

Le petit cercle des activistes chevronnés venait soudainement de s’élargir à une meute d’internautes, tout simplement sensibles aux enjeux du développement durable. La vrai bataille commence.

La page Nestlé sur Facebook

Sur Facebook, Nestlé ne se montre pas plus malin, les gestionnaires de la page y sont hautains et méprisants face aux critiques, au point que bon nombre de spécialistes des média sociaux, venus voir ce qu’il s’y passait, se mettent à donner des conseils au community manager. Peine perdue, ils se font sèchement retoquer.

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Pire encore, n’ayant visiblement pas compris le piège tendu par les « atteintes au copyright » de Greenpeace, Nestlé continue de menacer et annonce qu’il supprimera toutes les interventions faites sur sa page Facebook par des membres ayant remplacé leur photo de profil par un logo de la marque détourné – une pratique pourtant courante dans les communautés virtuelles.

nestle-fb-hautainImmédiatement accusé à nouveau de censure, le community manager de Nestlé continuera un temps d’arborer un ton méprisant avant de présenter ses excuses et de disparaître. Pendant plusieurs jours, la page de Nestlé sur Facebook sera ainsi laissée à l’abandon.

A aucun moment la moindre tentative de dialogue n’a été tentée de la part de Nestlé, laissant passer une multitude d’occasions qui émergeaient, ça et là, au milieu d’un torrent d’insultes issues d’une foule de plus en plus en colère.

Seule concession de la marque, une page de questions/réponses (n’accueillant pas de commentaires), mise en ligne sur son site corporate le 18 mars, affirmant que le nécessaire avait déjà été fait depuis longtemps en ce qui concerne le bon choix des fournisseurs d’huile de palme. Cette affirmation sera sérieusement mise en doute quand, quatre jours plus tard, le syndicat des producteurs d’huile de palme d’Indonésie publiera une déclaration officielle menaçant Nestlé de boycott, montrant ainsi que rien, avant l’opération de Greenpeace, n’avait réellement été planifié.

nestle-appologies

La réponse que Nestlé a donné à la crise se résume en trois mots, coup sur coup : autoritarisme, mépris, puis absence.

Un manque de préparation

Dès lors, on ne peut s’empêcher de se demander comment l’une des plus grosses multinationales au monde a pu se laisser déborder de la sorte.

Nestlé n’est pas – de loin – la pire des multinationales, qu’il s’agisse de respect de l’environnement, de développement durable ou de quelque sujet que ce soit, il y a bien pire que Nestlé, mais il y a également bien moins puissant et fortuné.

Or il faut se rendre à l’évidence, malgré des signes avant coureurs clairs et précis, Nestlé s’est non seulement totalement laissé déborder par la crise, mais n’a de toute évidence rien anticipé.

L’amateurisme de sa réponse a été total de bout en bout. Censurer le clip mis en ligne sur YouTube par Greenpeace ou les commentaires laissés par les internautes arborant un logo détourné, par exemple, était le meilleur moyen de mettre le feu aux poudres. Cela a pourtant été la première réponse de Nestlé. On appelle cela éteindre un incendie avec de l’essence. A moins que ce ne soit le service juridique de Nestlé qui ai géré la crise de bout en bout, et qui se soit heurté à la même résistance que celle que connaissent désormais les maisons de disques et les états qui tentent de faire survivre un dictat du copyright au XXIe siècle. Hadopi n’aura fait que faire augmenter la pratique du piratage, et Nestlé, en censurant à tout va, a mis les doigts dans le même engrenage.

Nestlé a ici superbement ignoré le phénomène Free Culture auquel il a fait face, une preuve de plus de l’amateurisme de ses troupes.

Conséquences pour Nestlé

Cours de bourse

La valorisation d’un tel mastodonte boursier prend fortement en compte la marque (le portefeuille de marque, en l’occurrence), et c’est bien celle-ci qui a été attaquée. Qui plus est, l’ampleur de cette opération menée par Greenpeace, sans précédent, en fait un parfait « case study » et génèrera des centaines d’articles comme celui-ci, qui marqueront durablement la marque et prolongeront la crise dans le temps. Cette crise sera sans aucun doute un cas d’école, enseigné dès l’année prochaine dans une multitude d’écoles de commerce et de communication, ce qui contribuera à affecter durablement la marque.

nestle-bourse

Il est ceci dit difficile de dire à cette heure si le cours de bourse de Nestlé sera affecté durablement par cette crise. Le cours a certes connu un décrochage dans les jours qui ont suivit le déclenchement de l’attaque de Greenpeace, mais de quelques pourcents, ce qui est loin d’être significatif. Il a rapidement repris des couleurs, notamment suite à l’annonce faite par le syndicat des producteurs d’huile de palme indonésien d’un boycott de Nestlé, ce qui peut s’interpréter par la confirmation faite au marché que Nestlé allait bien prendre des mesures face à la crise, mais là encore, c’est une interprétation hasardeuse.

Il est toutefois probable que pour une entreprise dont les produits sont à ce point non technologiques, la menace d’un coup d’éclat sur internet n’ait pas été jugée comme susceptible de porter atteinte aux ventes par les opérateurs boursier. Cela expliquerait que le cours n’ai fait que sursauter. En cas d’attaques répétées, il pourrait toutefois en être autrement.

Pour faire un parallèle avec Hadopi, la bataille d’Hadopi ne s’est pas faite en un jour, mais a nécessite une multitude d’opérations de ce type, durant près d’une année. Obtention de l’intervention d’un juge dans le processus mis en place par Hadopi, rendant la loi inapplicable, et sévère chute du parti au pouvoir dans l’électorat jeune : aujourd’hui, on peut considérer que cette bataille a bel et bien été gagnée.

Impact sur la marque

L’impact sur la marque est également délicat à mesurer, mais quelques outils, précisément conçus pour cela, viennent ici à la rescousse. Ils ne permettent pas tant de mesurer les dégâts sur la marque, mais ils laissent à voir d’une façon intéressante le poids qu’a eu cette crise dans ce qui se dit quotidiennement sur Nestlé (ce qui est l’essence de la marque).

Durant la crise – que l’on peut arbitrairement faire remonter au 18 mars, date à laquelle les hostilités ont réellement commencé, Nestlé a été au centre des conversations sur Twitter.

scoutlab-conversation-crise

D’une façon générale, la crise, à en croire les analyses faites par ScoutLab, a occupé près de 40% des conversations sur les média sociaux évoquant la marque Nestlé, ce qui est énorme.

nestle-sentiment

Les moteurs d’analyse de sentiments – à prendre avec un certain recul – montrent que les jugement portés sur la crise « Nestlé Facebook » étaient très négatifs, mais il faut relativiser, les média sociaux ne se réduisent pas à Facebook et dans leur ensemble, si on mesure les sentiments exprimés vis à vis de la marque seule dans le web 2.0, le positif continue a dominer, même si l’effet de la crise se fait clairement sentir.

Au final, c’est un passage très négatif pour la marque, mais à priori, sans effets durables, à moins que Greenpeace, de son coté, n’ai prévu de continuer les hostilités et de mener non pas une bataille mais une véritable guerre (ce qui est habituellement la stratégie de Greenpeace). S’ils s’aventuraient à tourner en film d’horreur toutes les publicités de Nestlé vantant des produits fabriqués avec de l’huile de palme, on peut alors s’attendre à des dommages irréversibles et de lourdes pertes en termes de ventes et d’image de marque.

Les menaces de boycott de la part des producteurs d’huile de palme montrent clairement que la partie est loin d’être finie, rien ne prouve que Nestlé fera quoi que ce soit pour préserver la forêt indonésienne, nous n’en sommes qu’aux déclarations de bonnes intentions. Entre la pression des consommateurs et une menace de rupture dans sa chaine d’approvisionnement, Nestlé va devoir faire des choix difficiles, et des millions d’observateurs attentifs sont désormais là pour scruter le moindre mouvement.

Encore une fois, rien ne dit que de telles campagnes, menées de façon répétée, ne finissent pas par avoir un impact réel sur la société, ses ventes, son cours de bourse, et pourquoi pas sa politique de développement durable, mais une campagne online seule ne suffira pas.

Dans la bataille de David Greenpeace contre Goliath Nestlé, ce n’est visiblement pas avec une seule pierre, même si elle a parfaitement atteint sa cible, que David viendra à bout du géant. Il n’en reste pas moins que l’avertissement est très sévère et donne probablement à réfléchir dans les états majors de bien des grands annonceurs.

Conséquences pour les annonceurs

Peu de marques sont à l’abri de critiques de la part de leurs consommateurs et de militants de tout poils, qu’il s’agisse d’environnement, de santé publique ou de climat social, les plus grandes entreprises peuvent tôt ou tard se voir attaquer de la sorte.

Le professionnalisme avec lequel Greenpeace a préparé, mis au point et exécuté ses attaques est plus qu’une alerte pour les grands annonceurs (et les petits). L’ère du buzz marketing où l’on prenait les consommateurs pour des veaux passifs, avides de divertissements, et prêt à relayer gratuitement une campagne publicitaire déguisée, est bel et bien finie. Ces techniques sont désormais dans les mains de groupes plus efficaces, plus agiles, infiniment plus motivés, et disposant d’un soutien dans la population des internautes bien plus grand.

Il ne s’agit plus désormais de conquérir l’attention des internautes, il va désormais falloir également se défendre d’attaques de la sorte, et c’est un tout autre métier.

Le dispositif mis au point par Greenpeace est d’un professionnalisme absolu, mais il n’est pas particulièrement différent de celui mis en place par les anti Hadopi en France : détournements et pastiches, attaques sur les espaces sociaux des pro Hadopi, publication d’études destinées à dénoncer les faits, pressions sur les décisionnaires (dans ce cas, les députés).

Seules différences notables : le dispositif anti Hadopi était lui limité au territoire national (avec des extensions Bruxelloises), beaucoup plus amateur d’une point de vue création graphique, et bien moins coordonnée. Ceci dit, ce dernier tirait bien mieux parti de la créativité des internautes (logos hadopi détournés, par exemple), et les résultats ont été plus marqués : hausse du piratage lié à son extrême médiatisation, près de 99% de part de voix sur internet, et sanction dans les urnes où les analystes reconnaissent que le parti au pouvoir a très nettement décroché auprès des jeunes électeurs. Pour une entreprise, cela se traduirait par une baisse vertigineuse des ventes et une perte totale du contrôle de la marque dans le online. Une catastrophe.

Reste que des actions de ce type, qu’elle soient menées par une organisation centralisée comme Greenpeace, ou par des groupes décentralisés comme la lutte anti Hadopi, ont toutes les chances de devenir le quotidien aussi bien des politiques que des annonceurs.

C’est bien à un véritable rééquilibrage des pouvoirs que l’on est en train d’assister, un rééquilibrage qu’il est impératif d’anticiper et d’accompagner, pour ceux qui ne veulent pas y perdre trop de plumes.

Alors que faire quand on est annonceur ? (ou parti politique)

Prévoir en amont les conflits potentiels

C’est le B.A. Ba de toute stratégie : il est indispensable d’identifier les conflits potentiels à venir, et ils sont nombreux. Plus l’entreprise est grande, plus les problèmes susceptibles de se traduire en affrontements avec ses consommateurs ou les citoyens en ligne sont nombreux.

Suicides par douzaines au sein de l’entreprise, paraben dans les cosmétiques, expérimentation sur les animaux, sous traitants faisant travailler des enfants dans des pays émergents, dégâts sur l’environnement, presque aucune entreprise n’est à l’abri d’un jugement moral vis à vis duquel il est très difficile de se défendre, en particulier si on est dans l’improvisation.

Faire un point exhaustif des conflits possibles est un préalable indispensable, et il plaide pour l’internalisation de l’intelligence en terme de média sociaux. Confier ses petits secrets à son agence, c’est risquer, bien plus que si cela est fait en interne, des fuites qui ne feraient qu’accélérer ce qui semble, quoi qu’il en soit, inévitable. Qui plus est, on peut se demander si c’est bien le rôle d’une agence de com de piloter le navire par gros temps.

Si votre armée est faite exclusivement de mercenaires, à un moment ou à un autre, vous risquez d’avoir un sérieux problème.

C’est également une problématique qui dépasse souvent les seuls services communication et marketing : sans l’implication de la direction générale, il a toutes les chances de ne pas être complet et exhaustif.

Prendre conscience que l’on ne peut contrôler une page Facebook

Autre élément dont il est impératif de prendre conscience : une marque, dans un univers social comme Facebook, n’est pas chez elle. Si elle veut y faire son trou, il lui faudra adopter les codes et la culture du milieu qui l’abrite, ou tout du moins avoir une idée précise de ce qui sépare sa culture de la culture internet, et avoir identifié les passerelles qui rendront le dialogue possible et l’installation viable.

La tentative de censure, sur Facebook, au prétexte que certains membres, en guise de protestation, arboraient comme avatar des logos Kitekat détournés, n’a fait que faire redoubler l’intensité des protestations. C’est un cas typique de “cultural gap”.

Cela peut paraître simple, mais pour certaines marques, la culture de l’entreprise est à ce point éloignée de la culture web que sans une démarche d’ordre psychanalytique, destinée à faire prendre conscience à la marque de son éloignement du territoire qu’elle prétend conquérir, l’affrontement sanglant entre annonceur et consommateurs militants est inévitable.

Il faut que les annonceurs se fasse une raison : derrière sa télé, le consommateur subissait, sur le web, il réagit de plus en plus, et ce n’est pas lui qui changera, ce sont les marques, que cela leur plaise ou pas. Dans la joie ou sous la contrainte, il n’existe aucune alternative.

Il n’est pas question ici de changer les fondamentaux d’une marque, mais de trouver ce qui dans son ADN peut servir de lien avec la culture web, et le travail est double : se pencher sur sa marque, ce qui est d’ordinaire réservé à un département communication, et comprendre en profondeur à quel point le web est porteur d’une culture complexe, de valeurs, de courants, et pour revenir sur une vielle litote, qu’il n’est en rien un formidable moyen d’accès à la connaissance ou un « canal supplémentaire », mais bel et bien un corps social.

Pour une société, débarquer sur Facebook doit être pris avec autant de précautions que débarquer en Chine.

Mettre en place une équipe expérimentée

Vous ne mettriez pas aux commandes de votre toute nouvelle succursale en Chine un stagiaire du service RP ? Vous ne la confiriez pas non plus à une agence de com. Pourquoi, dès lors, la plupart des annonceurs s’aventurant sur Facebook prennent-ils des décisions aussi risquées quand ils partent à l’assaut d’un territoire peuplé de plus de 400 millions d’individus dont, à l’évidence, ils maitrisent aussi mal la culture ?

L’amateurisme des équipes en charge de Nestlé sur Facebook aura au moins eu le mérite de mettre en évidence la palette de compétences requises pour affronter une telle crise. Sociologie, psychologie interpersonnelle et psychologie de groupe, brand management, marketing, communication, juridique…

Vous pensiez encore que les salaires des community managers étaient surévalués ? Combien êtes vous prêt à payer ceux qui vous éviteront une dégringolade boursière, ne serait-ce que de quelques pourcents ?

Attendez-vous à ce que, suite à cette crise, les salaires des plus expérimentés grimpent en flèche. Il n’y a aucune raison pour que les niveaux de rémunération en France soient à ce point aussi bas par rapport au Etats Unis, où 6000$ par mois est considéré comme normal pour quelqu’un qui pourrait tout à fait affronter une telle crise.

Préparer et simuler des scénarios de crise

Gouverner, c’est prévoir, et il convient de mettre au point des scénarios de crise détaillés afin d’en identifier les points critiques, ceux notamment qui nécessiteraient une prise de décision en haut lieu. Ces décisions devront être tranchées avant que la crise ne surviennent, sinon il vous faudra mettre en branle la mécanique hiérarchique, voir même réveiller le directeur général à trois heures du matin un week end, si vous voulez avoir la moindre chance de vous en sortir.

Le web fonctionne, depuis déjà un certain temps, en temps réel, et depuis toujours, 7 jours sur 7 et 24h sur 24.

Il est également indispensable de simuler les crises, à la façon d’un jeu de rôles – ce qui donne au passage des workshop très ludiques et riches d’enseignements ;-). Les militaires font cela depuis très longtemps, et les activistes également. Ce n’est qu’en menant à bien ces simulations que vous identifierez les failles de votre défense, les lacunes de vos plans, et que vous augmenterez vos chances de sortir victorieux d’une telle situation.

Ecrire des règles claires pour les community manager et les visiteurs

Dans une organisation comme Nestlé, on n’ose imaginer qu’une seule personne ne soit aux commandes des média sociaux (bien que).

Dans beaucoup de grosses entreprises – y compris en France – ce sont des équipes qui se chargent de cela. Il est alors indispensable d’écrire une bible, qui rassemble les règles à appliquer en interne en terme de média sociaux, de la même façon que l’on réalise un brandbook dans les agences afin que les multiples actes de communication de l’entreprise, du dernier “claim” marketing au papier à lettre, gardent une certaine cohérence.

On peut également se hasarder à écrire des règles à l’usage des internautes qui viennent vous visiter, mais ne vous attendez pas pour autant à ce qu’elles soient suivies, vous pourrez, tout au plus, vous en servir de référent. Par contre, si l’espace social sur lequel vous vous hasardez à faire du web social n’est pas votre site – si c’est Facebook, MySpace, Twitter ou un autre – n’imaginez pas un instant que vous allez pouvoir y imposer vos règles. Ce sont les règles et la culture du lieu qui s’imposent, et il convient, comme pour la culture web en général, des les comprendre en profondeur, et de mesurer ce qui sépare la réalité de ce que vous aimeriez bien qu’elle soit.

La pire des stratégie reste de ne pas être présent

Face à autant de difficultés, il est encore possible d’entendre des stratégies qui consistent à ne pas être présent sur internet (cela devient de plus en plus rare). Ce n’est malheureusement pas une option. Si vous n’êtes pas sur Facebook, quelqu’un d’autre le fera à votre place. Un groupe de fans, dans le meilleur des cas, mais hors de votre contrôle, quoi qu’il en soit.

Tarder à y aller, ou ne pas y mettre les moyens suffisants, c’est aussi prendre le risque de se voir totalement dépassé, en terme de présence, par ce qui tôt ou tard se transformera en ennemi mortel.

La ligue Odébi, dont les méthodes de web-guerrilla sont parmi les plus agressives qu’il soit (avec les Anonymous), est née à l’origine d’un groupe de consommateurs mécontents de Numéricable. Ce simple fait devrait faire frissonner d’effroi tout annonceur.

Reconnaître la crise, offrir un espace de discussion spécifique, dialoguer

D’un point de vue pratique, la crise de Nestlé était perdue d’avance, avant tout parce que les premières mesures d’urgence n’ont pas été prises.

Nestlé, sans même avoir vu venir la crise, a bénéficié de deux jours avant que celle-ci ne rebondisse sur Facebook, ce délai était très largement suffisant pour prendre des mesures qui en auraient grandement limité l’ampleur.

Une page Fan de Facebook permet non seulement de mettre en place un espace de discussion, à la manière d’un forum, et d’en structurer les conversations, mais cette même page peut se paramétrer de façon à s’ouvrir automatiquement sur cet espace de discussion plutôt que – par défaut – sur le « mur ».

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L’intérêt ? Tout d’abord, structurer les conversations. Dans le cas de Nestlé, on aurait ainsi pu répartir (diluer ?) les interventions des anti Nestlé dans des forums tels que « l’utilisation de l’huile de palme dans les produits Nestlé », « la production d’huile de palme », « le développement durable chez Nestlé », « la situation de l’agriculture en Indonésie », etc.

Dans chacun de ces forums, les community managers, dans ce cas avec une compétence de « curatoring de liens », auraient du proposer une série de ressources propres à Nestlé, mais également des liens vers différents documents en ligne afin d’ouvrir à la discussion. Mieux encore, en proposant ainsi des ressources documentaires, Nestlé aurait pu orienter et garder la main sur le débat.

Autre intérêt, et non des moindre, en ouvrant votre page Facebook directement sur ces espaces de discussion plutôt que – par défaut – sur le mur, l’effet viral interne à Facebook est complètement étouffé. Chaque fois qu’un internaute en colère s’exprime sur un « mur » Facebook, cela est signalé – via le fil d’info – à tous ses amis, les incitant à faire de même, et ainsi de suite. Si le commentaire à lieu dans un espace de discussion, cet effet viral n’existera pas.

Chez Nestlé, les community manager n’ont pas même pris le soin d’ouvrir un tel espace de discussion, le seul endroit susceptible d’accueillir une conversation était le mur de la page Nestlé.

Reprendre l’initiative du dialogue et orienter la discussion dans un espace que l’on maitrise au mieux, aussi bien dans la structuration de la conversation que dans son coté proactif, est absolument indispensable. Ce type de compétences sont courantes chez les administrateurs et les modérateurs de forums.

Une marque n’est pas un interlocuteur. En cas de crise, rien de remplace un être humain.

Une autre erreur commise par Nestlé et riche en enseignements est l’utilisation par le (ou les) community manager de l’identité de Nestlé.

Plutôt que d’intervenir sous le nom de John, Amhed ou Henri, le community manager de Nestlé s’appelle ici Nestlé.

Il est d’usage dans les call centers les plus déhumanisés de donner comme directives aux opérateurs de se présenter sous leur nom, pourquoi diable avoir fait autrement sur Facebook ?

Les community managers doivent aller au front et se présenter. Un minimum de transparence est la base indispensable sur laquelle peut se construire une confiance, préalable à toute forme de dialogue.

Seul les très jeunes enfants s’imaginent que c’est Mickey qui leur parle chez Disneyland, passé l’âge de cinq ans, ils réalisent bien que cela ne tient pas plus debout que l’histoire du père Noël. Arrivé à l’âge adulte, ils considèrent généralement ce genre d’interaction sociale comme une insulte à leur intelligence. Nestlé est une marque, pas un individu. Après des décennies de « Culture Pub » à la télévision, il serait peut être temps pour les annonceurs de réaliser qu’ils ont à faire à des consommateurs un tant soit peu au courant des mécanismes de la communication. En clair, il serait sage d’arrêter de prendre ses consommateurs pour des cons.

Présenter ses community manager sous leur nom à un autre avantage. En cas d’altercation avec un internaute, un autre peut prendre la relève et apaiser le conflit (voir le même mais sous une autre identité).

Chez Nestlé, c’est avec « Nestlé » que les conflits se sont cristallisés, au fur et à mesure d’échanges tendus. Impossible de faire intervenir un tiers en cours de route du coté de Nestlé.

Troupes extérieures, mercenaires

En cas d’attaque, il est utile de pouvoir faire appel à des renforts. Ceux ci sont de deux ordres. Les fans, prêt à voler au secours de leur marque préférée en cas d’attaque, et les mercenaires.

Les fans de la marque devront bien sûr avoir été identifiés, chouchoutés, et fidélisés si l’on veut pouvoir compter sur eux en cas de problème.

Les mercenaires sont plus faciles à recruter, mais encore faut-il avoir établit des contacts, identifié les ressources du marché, et être prêt à mettre le prix qu’il faut.

Parmi les mercenaires, on pourra faire appel à des experts : scientifiques, économistes, consultants, qui viendront poser un point de vue qui fait autorité – difficile à remettre en question – sur des points qui sont favorables à l’annonceur.

Il doit y avoir une option pour passer à du 24/7 en cas de crise

C’est une banalité de nos jours, mais il est bon de le répéter : le web d’aujourd’hui est en temps réel. Il n’est pas à une heure près, ni même à dix minutes, il est véritablement en temps réel.

Ce phénomène n’est pas seulement le dernier buzzword à la mode chez les fonds d’investissement, il reflète également un usage du web social qui est une réalité bien installée.

Manque de bol pour les annonceurs, Facebook est le plus gros acteur de ce web en temps réel. 24h sur 24, et 7 jours sur 7, ses 400 millions de membres y vivent. Ils y passent un temps considérable.

Si la solution de community management que vous avez mis en place n’est pas capable de passer d’un régime de croisière à du 24/7 en temps réel, et ce en un clin d’œil, alors vous avez un sérieux problème.

Ne comptez pas par ailleurs sur la gentillesse du militantisme en ligne pour vous attaquer un lundi matin vers 10h, si les attaques de Greenpeace ont eu lieu en fin de semaine et l’attaque sur Facebook à la veille d’un week end, ce n’est certainement pas un hasard.

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Préparez vous à retrouver sur internet tous vos ennemis

Greenpeace fait parti des premiers à avoir investi autant de professionnalisme dans une web guérilla. Avant cela, seul certaines campagnes politiques américaines avaient mis autant de réflexion dans des attaques contre le camp adverse. La web guérilla était jusqu’ici l’apanage de groupes moins organisés, et disposant de beaucoup moins de moyens financiers. Là encore, la bataille d’Hadopi en est un parfait exemple.

Demain, du simple fait que ces batailles ont formé des armés de potentiels légionnaires, les grands annonceurs doivent s’attendre à retrouver sur le web, à visage découvert ou pas, des ennemis qu’ils affrontent depuis longtemps IRL (« In Real Life »).

Concurrents, spéculateurs boursier, syndicats, les conflits que peut connaître un grand annonceurs sont nombreux, et chacun de ces adversaires peut mettre en œuvre, demain, une attaque similaire à celle qui a été menée par Greenpeace contre Nestlé (au passage, la page Facebook de Continental est ici).

Aucune activité suspecte, notamment en terme de volume d’échanges, n’est visible sur le cours de Nestlé à la veille du déclenchement des hostilités, mais n’importe quel financier, au courant des attaques en préparation aurait eu l’idée de spéculer à la baisse sur le cours de l’action. Même si celle-ci a rapidement repris des couleurs, cela aurait été suffisant pour faire une jolie plus value en très peu de temps.

Tôt ou tard, une fois ce savoir faire en matière de web guérilla suffisamment répandu, une multitude d’organisations envisageront sérieusement d’ajouter à leur branche armée ou leurs cabinets d’avocats une patrouille cybernétique. Sous estimer la capacité de ses adversaires à savoir porter leurs combats sur le web va sans aucun doute provoquer une multitude de catastrophes bien plus graves encore que celle que vient de connaitre Nestlé.

Au final

Il existe de nombreux ouvrages destinés aux activistes en ligne, qu’il serait prudent pour tout annonceur de lire avec attention, mais le meilleur qui ait été rédigé à ce jour est sans conteste l’art de la guerre de Sun Tzu. Lisez, ou relisez le, à la lumière d’une web guérilla, vous verrez qu’il n’a pas pris une ride.

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Journée internationale de la femme, plainte contre une campagne d’affichage …

Posted on 8 mars 2009. Filed under: divers |

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Cette affiche que l’on trouve un peu partout en Flandre renvoie vers un site d’actualités et un sondage intitulé « Voterez vous à gauche ou à droite aux prochaines élections de juin 2009 ? » vient d’être retirée sur plainte de deux femmes.

Il est vrai que cette campagne pouvait paraître sans nuance, laissant peu de place au vote au centre …

www.clint.be

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Tchernobyl, 20 ans après

Posted on 6 mars 2009. Filed under: divers |

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Une photo tirée d’un album qui montre ce qu’il reste, 23 ans après le désastre, de Pripyat, la ville qui abritait les travailleurs de la centrale à jamais fermée.

La nature, mais quelle nature ?, y reprend ses droits.

Une terrible réponse à ceux qui continuent à envisager le nucléaire comme solution au problème de l’énergie.

http://community.livejournal.com/abandonedplaces/1651741.html

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Scandale.com (d’après « Le Monde »)

Posted on 5 mars 2009. Filed under: divers |

Anxiété des parents pour l’avenir de leurs enfants et peur de l’échec scolaire ont favorisé le développement d’un véritable marché du soutien aux élèves – depuis l’école jusqu’au baccalauréat – pour les aider à faire leurs devoirs à la maison.

Ce « business » est de plus en plus florissant. On estime qu’un collégien ou lycéen sur six suit des cours particuliers, à la maison ou, de plus en plus, dans des entreprises de soutien scolaire, dont le chiffre d’affaires explose depuis une dizaine d’années. Au total, 40 millions d’heures de cours particuliers seraient ainsi dispensées, soit un marché annuel estimé entre 1 et 2 milliards d’euro

Nicolas Sarkozy avait d’ailleurs annoncé, durant sa campagne, des mesures vigoureuses pour développer le soutien scolaire : dès l’automne 2007, le ministre de l’éducation nationale, Xavier Darcos, fustigeait « les marchands de leçons particulières qui se nourrissent de l’angoisse des parents » et mettait en place de nouveaux dispositifs de soutien hors temps scolaire, assurés dans les établissements par les enseignants eux-mêmes. Plus d’un million d’élèves de collège bénéficient aujourd’hui de cette aide personnalisée.

Cela rend encore plus ahurissante et scandaleuse l’initiative de deux jeunes diplômés d’écoles de commerce qui viennent de lancer sur le Net le site « Faismesdevoirs.com ». L’idée est simple comme un rêve : l’élève envoie le sujet de son problème de mathématiques, de sa dissertation de philosophie ou de son exposé d’histoire, et reçoit sous 24 à 72 heures un corrigé supposé impeccable, réalisé par des élèves de grandes écoles, voire des enseignants. Le business plan a été soigneusement pensé (pour les modes de paiement notamment), et la campagne de publicité est brillante, puisque l’indignation provoquée assure sa quasi-gratuité. Cet éditorial en témoigne.

Mais au risque d’apparaître passablement ringards – ou ignorants des possibilités infinies qu’offre déjà Internet pour « copier-coller » les réponses à la plupart des sujets de cours -, disons simplement que « Faismesdevoirs.com » pousse le consumérisme scolaire très au-delà de l’acceptable. Non seulement en creusant un peu plus les inégalités sociales et financières devant l’école, mais en vidant l’éducation de son principe même : celui de l’apprentissage, de ses rigueurs et de ses satisfactions. On ose espérer qu’il ne se trouvera aucun enseignant pour cautionner cette arnaque intellectuelle. On espère, de même, que les pouvoirs publics ne resteront pas sans réaction.

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